Avec 1 520 094 membres et 40,13 milliards de gourdes d’actifs au 30 juin 2026, les coopératives d’épargne et de crédit (CEC), communément appelées caisses populaires, occupent une place importante dans le paysage financier haïtien. À l’occasion de la Journée internationale des coopératives d’épargne et de crédit, célébrée le 15 octobre, la Banque de la République d’Haïti (BRH) met en lumière leur contribution à l’inclusion financière, particulièrement dans les communautés où l’accès aux services bancaires demeure limité.

Malgré l’insécurité et les difficultés économiques, les caisses populaires continuent de mobiliser l’épargne et d’octroyer des crédits à leurs membres. Au 30 juin 2026, le secteur affichait 32,60 milliards de gourdes de dépôts et 20,19 milliards de gourdes de prêts nets, selon les données présentées par la BRH.

Dans certaines localités, notamment à Dano, Belle-Anse et Marre-Rouge, ces coopératives figurent parmi les rares institutions financières présentes, voire les seules. Leur ancrage local contribue à rapprocher les services financiers des populations, y compris dans les zones où l’insécurité complique les déplacements.

Les crédits accordés soutiennent diverses activités, notamment le commerce, l’éducation, les soins de santé et l’agriculture. Sur les 50 185 débiteurs recensés, 49 380 sont des personnes physiques. Parmi ces derniers, 19 535 sont des femmes, soit environ 39,6 % des emprunteurs concernés.

La gouvernance représente également un enjeu déterminant pour la pérennité de ces institutions. Fondé sur le principe « un membre, une voix », le modèle coopératif prévoit la participation des adhérents aux assemblées générales, l’élection des dirigeants et leur implication dans les décisions. La circulaire no 10 de la BRH, datée du 9 octobre 2024, encadre la gouvernance des coopératives d’épargne et de crédit dans une perspective de renforcement de la transparence et du fonctionnement institutionnel.

À travers ces données, la BRH souligne le rôle des caisses populaires dans le financement des communautés haïtiennes. Toutefois, leur capacité à maîtriser les risques, à préserver la confiance de leurs membres et à maintenir leurs services dans un contexte marqué par l’insécurité et les difficultés économiques demeure essentielle à la consolidation de leur contribution à l’inclusion financière.

Share.