Le budget de la République d’Haïti pour l’exercice fiscal 2026-2027 dépasse les 400 milliards de gourdes. Pourtant, rapportée à la population, cette enveloppe représente environ 250 dollars par habitant et par an, soit moins d’un dollar par jour. C’est l’un des constats mis en avant par Kesner Pharel, président-directeur général du Group Croissance, lors de son intervention sur les ondes de Magik9, ce mardi 13 octobre.
Dans son analyse, l’économiste a notamment détaillé les principales sources de financement du budget, la répartition des dépenses publiques et le poids des ministères dans les allocations de l’État.
Plus de 400 milliards de gourdes de ressources annoncées
Selon les chiffres présentés par Kesner Pharel, les ressources domestiques devraient contribuer à hauteur d’environ 263 milliards de gourdes au financement du budget. À cette somme s’ajouteraient près de 90 milliards de gourdes de dons et 45 milliards de gourdes de prêts.
Ces différentes sources de financement constituent l’essentiel des ressources évoquées dans son analyse. Leur addition atteint toutefois 398 milliards de gourdes, un montant légèrement inférieur au seuil de 400 milliards annoncé. La ventilation complète des recettes reste donc nécessaire pour préciser l’écart.
Le PDG du Group Croissance a également indiqué que le budget de fonctionnement de l’État s’établirait à près de 233 milliards de gourdes. Cette enveloppe couvre les dépenses nécessaires au fonctionnement de l’administration publique, tandis que l’analyse de l’ensemble du budget permet d’apprécier les moyens mobilisés pour les différentes missions de l’État.
Moins d’un dollar par jour et par habitant
Rapportée à la population haïtienne, l’enveloppe budgétaire correspondrait à environ 250 dollars par habitant et par an, soit près de 20,83 dollars par mois. Sur une base quotidienne, cela représente approximativement 0,68 dollar par personne.
Cette estimation permet d’illustrer l’ampleur des ressources publiques disponibles au regard des besoins de la population. Elle doit néanmoins être interprétée avec prudence : il s’agit d’un ratio théorique obtenu en divisant le montant global du budget par le nombre d’habitants, et non d’une somme directement versée à chaque citoyen.
Ce calcul ne mesure pas non plus, à lui seul, la qualité des services publics ni les dépenses effectivement exécutées. Il met plutôt en perspective la capacité financière de l’État face aux besoins collectifs, notamment en matière de sécurité, d’éducation, de santé et d’infrastructures.
La justice et l’éducation parmi les principaux postes budgétaires
La répartition des allocations fait également ressortir une forte concentration des dépenses. Selon les montants présentés dans l’analyse, dix ministères absorberaient près de 75 % des dépenses budgétaires.
Le ministère de la Justice et de la Sécurité publique (MJSP) arriverait en tête, avec une allocation de 61 milliards de gourdes. Il serait suivi par le ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle (MENFP), crédité de 57 milliards de gourdes.
Le ministère des Travaux publics, Transports et Communications bénéficierait, pour sa part, de 47 milliards de gourdes, tandis que le ministère de l’Économie et des Finances disposerait de 30 milliards. Le service de la dette représenterait, quant à lui, 23 milliards de gourdes.
Ces montants mettent en évidence le poids des secteurs de la justice, de la sécurité et de l’éducation dans les allocations annoncées. Ils soulèvent également la question de l’adéquation entre les priorités affichées par les pouvoirs publics, les ressources disponibles et les besoins de la population.
Au-delà du montant global du budget 2026-2027, l’enjeu réside ainsi dans la capacité de l’État à mobiliser effectivement les ressources annoncées, à les répartir de manière cohérente et à les convertir en services publics accessibles à la population haïtienne.

