Le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé a présidé, le jeudi 17 septembre 2026, une réunion spéciale du Conseil supérieur de la Police nationale (CSPN), au siège de la Direction générale de la Police nationale d’Haïti (DGPNH), à Tabarre. Cette rencontre visait à définir les principales priorités sécuritaires de l’État.
Le chef du gouvernement a donné des instructions en vue d’intensifier les opérations de reconquête des zones sous l’emprise des groupes armés, présentées comme une condition essentielle au rétablissement de la sécurité et à la tenue des prochaines élections générales.
En présence du haut commandement de la Police nationale d’Haïti (PNH) et des autorités concernées, le CSPN a fixé comme objectif central le rétablissement de l’autorité de l’État et de l’ordre public sur l’ensemble du territoire.
Le Premier ministre a notamment demandé au commandant en chef par intérim de la PNH de poursuivre et d’intensifier les opérations de sécurisation, avec pour objectifs de protéger la population, de rétablir l’ordre public et de garantir la libre circulation des personnes et des biens.
Kenscoff et Gressier présentés comme des zones de progrès
Les autorités mettent en avant les résultats obtenus à Kenscoff et à Gressier dans le cadre des opérations de reconquête territoriale.
Le cas de Kenscoff demeure toutefois particulièrement sensible. Entre juillet et août 2026, la commune a été le théâtre d’attaques meurtrières qui auraient fait environ 165 morts, selon le Réseau national de défense des droits humains (RNDDH). Plusieurs victimes auraient notamment été exécutées parmi des personnes déplacées qui avaient trouvé refuge dans une église.
La mise en avant de Kenscoff comme l’un des secteurs où des progrès ont été enregistrés illustre ainsi le caractère évolutif de la situation sécuritaire, dans un contexte où le contrôle territorial demeure fragile.
Une situation toujours préoccupante dans plusieurs régions
Alors que les autorités revendiquent des avancées sur certains fronts, la situation demeure préoccupante dans d’autres régions du pays.
Les groupes armés continuent notamment de mener des attaques et d’exercer des pressions dans plusieurs communes, dont Saint-Michel-de-l’Attalaye et Marchand-Dessalines. Dans la région métropolitaine de Port-au-Prince, les groupes armés maintiennent également une présence importante et contrôlent de vastes secteurs de la capitale, selon différentes estimations des Nations unies.
Cette situation met en évidence le principal défi auquel sont confrontées les autorités : les opérations de reconquête menées dans certains territoires doivent s’accompagner d’efforts visant à empêcher l’expansion des groupes armés dans d’autres zones.
La sécurité au cœur du calendrier électoral
Le calendrier électoral accentue la pression sur les autorités. Le Premier ministre a réaffirmé que le rétablissement de la sécurité constitue une priorité et une condition préalable à l’organisation des prochaines élections générales, dont le premier tour est prévu à la mi-décembre 2026.
Entre les progrès revendiqués à certains endroits et la persistance, voire l’apparition, de nouveaux foyers de violence ailleurs dans le pays, le gouvernement fait face à un défi majeur : étendre durablement l’autorité de l’État et créer les conditions sécuritaires nécessaires au déroulement du processus électoral.
La réunion du CSPN intervient ainsi dans un contexte où la reconquête territoriale et la préparation des élections sont désormais étroitement liées dans le discours des autorités.

