Nommé le 8 août 2025 à la tête d’une Police nationale d’Haïti (PNH) confrontée à une crise sécuritaire sans précédent, André Jonas Vladimir Paraison franchit ce samedi le cap d’une année de commandement. Douze mois après sa prise de fonction, le bilan de son administration demeure largement contesté, alors que les groupes armés continuent d’étendre leur influence dans plusieurs régions du pays et que la PNH peine à reprendre durablement le contrôle de nombreux territoires.
Vladimir Paraison avait été désigné dans un contexte marqué par de profondes divisions au sein du Conseil présidentiel de transition (CPT) et par la dégradation continue de la situation sécuritaire. Son arrivée avait notamment suivi le remplacement de Rameau Normil, une décision qui avait suscité des réactions au sein même du CPT. Fritz Alphonse Jean avait alors dénoncé les conditions dans lesquelles ce changement avait été opéré, évoquant une décision prise de manière unilatérale et dans l’opacité.
À son entrée en fonction, le nouveau directeur général héritait d’une institution confrontée à d’importantes difficultés opérationnelles : effectifs insuffisants, perte de plusieurs infrastructures policières, pression constante des groupes armés et multiplication des attaques contre les forces de l’ordre. Un an plus tard, cependant, l’argument de l’héritage ne suffit plus, selon plusieurs observateurs, à expliquer les difficultés persistantes de l’institution.
Sur le terrain, la PNH continue de faire face à une situation particulièrement préoccupante. Malgré l’acquisition de nouveaux équipements, notamment des véhicules blindés et des drones, ainsi que la conduite de plusieurs opérations contre les groupes armés, les forces de l’ordre peinent à consolider leurs gains et à maintenir une présence permanente dans certaines zones reprises.
Les pertes enregistrées parmi les policiers illustrent également les difficultés auxquelles l’institution reste confrontée. Plusieurs opérations ont été marquées par la mort de membres des forces de l’ordre, tandis que des commissariats et autres infrastructures policières ont été attaqués ou incendiés. Dans plusieurs secteurs, les groupes armés continuent par ailleurs de contrôler ou de perturber des axes routiers stratégiques.
La situation demeure particulièrement préoccupante dans la région métropolitaine de Port-au-Prince, mais également dans des villes comme Mirebalais et dans plusieurs zones de l’Ouest. Les populations continuent de faire face aux enlèvements, aux violences, aux déplacements forcés et à l’insécurité sur les principaux axes routiers.
La communication de la direction générale de la PNH met régulièrement en avant les opérations menées contre les groupes armés, les saisies effectuées et les moyens technologiques déployés. Toutefois, ces annonces peinent à convaincre une partie de la population, qui attend surtout des résultats durables sur le terrain et une amélioration tangible de sa sécurité.
Un an après sa nomination, la question centrale demeure donc celle de la capacité de la PNH à reprendre durablement les territoires contrôlés par les groupes armés. Alors que la force policière continue de bénéficier de nouveaux équipements et de l’appui de partenaires internationaux, les résultats obtenus sur le terrain restent au cœur des critiques adressées au commandement de Vladimir Paraison.
Au terme de cette première année, le bilan apparaît ainsi contrasté : des moyens supplémentaires et des opérations annoncées, mais une situation sécuritaire qui demeure extrêmement dégradée. La capacité de la PNH à inverser cette tendance au cours des prochains mois constituera le principal test du commandement de Vladimir Paraison.

