Trouver une maison à louer dans l’aire métropolitaine de Port-au-Prince est devenu un véritable parcours du combattant. Dans un contexte marqué par la crise sécuritaire, les déplacements massifs de population et la dégradation du pouvoir d’achat, les pratiques de certains courtiers immobiliers sont de plus en plus dénoncées sur les réseaux sociaux. Des témoignages de citoyens font état de frais jugés abusifs, de logements ne correspondant pas aux annonces et, dans certains cas, de transactions considérées comme frauduleuses.
L’une des principales sources d’indignation concerne les frais exigés avant même la visite d’un logement. Plusieurs internautes affirment avoir dû verser entre 2 500 et 5 000 gourdes pour couvrir les frais de déplacement du courtier. Selon certains témoignages, après le paiement, des intermédiaires deviendraient difficiles à joindre ou proposeraient des logements délabrés, insalubres, voire déjà loués.
Au-delà des frais de visite, la question des commissions immobilières alimente également les débats. Alors que la pratique consistant à réclamer l’équivalent d’un mois de loyer lors de la conclusion d’un bail est régulièrement évoquée dans les transactions locatives, certains courtiers sont accusés de réclamer des montants jugés excessifs.
D’autres témoignages font état de pratiques consistant à augmenter le prix fixé par le propriétaire afin de conserver la différence. Dans un contexte de précarité économique croissante, ces pratiques alléguées représentent une charge supplémentaire pour des familles déjà confrontées à d’importantes difficultés pour accéder à un logement.
Les réseaux sociaux contribuent ainsi à mettre en lumière plusieurs dérives présumées dans le secteur : perception de frais pour des logements qui n’existeraient pas ou qui ne seraient plus disponibles, annonces trompeuses, conditions jugées abusives imposées à des familles déplacées par l’insécurité et transactions conclues de manière informelle, parfois sans contrat clairement établi.
La multiplication de ces dénonciations relance également la question de l’encadrement de la profession de courtier immobilier en Haïti. En l’absence d’un dispositif de contrôle suffisamment visible et efficace, une partie du marché locatif fonctionne dans l’informel, ce qui peut favoriser les abus et compliquer les recours des locataires qui s’estiment lésés.
Face à cette situation, de nombreux internautes appellent les autorités compétentes, notamment le ministère du Commerce et de l’Industrie, à renforcer la régulation du secteur, à clarifier les pratiques autorisées en matière de commissions et à prendre des mesures contre les abus qui seraient établis.
Alors que la crise du logement s’accentue sous l’effet de l’insécurité et des déplacements de population, la question dépasse désormais les simples rapports entre locataires et courtiers. Elle pose celle de la transparence du marché locatif, de la protection des personnes à la recherche d’un logement et de la nécessité d’un meilleur encadrement des intermédiaires immobiliers.

