La commune de Kenscoff, autrefois réputée pour son calme et sa production agricole, est désormais confrontée à une grave crise humanitaire provoquée par la violence des gangs armés. Face à l’augmentation du nombre de personnes déplacées et à la détresse croissante des populations, la Solidarité des Femmes Haïtiennes Journalistes (SOFEHJ) tire la sonnette d’alarme et appelle au déploiement urgent d’une réponse humanitaire structurée, particulièrement en faveur des femmes.

Dans un état des lieux particulièrement préoccupant, l’organisation met en lumière les conséquences de la violence sur les femmes de Kenscoff : violences sexuelles utilisées comme arme de terreur, destruction des moyens de subsistance, perte des activités économiques, dégradation des conditions sanitaires et traumatismes psychologiques.

Pour la SOFEHJ, l’heure n’est plus à la simple observation. L’organisation réclame une intervention articulée autour de trois priorités.

Une prise en charge médicale et psychosociale adaptée. La SOFEHJ demande le déploiement de cliniques mobiles ainsi que la création d’espaces sécurisés permettant d’assurer le suivi médical et psychologique des victimes, notamment celles ayant subi des violences sexuelles.

Une aide humanitaire immédiate. L’organisation appelle à l’acheminement sans délai de produits d’hygiène, de kits de première nécessité et d’autres fournitures essentielles destinées aux femmes déplacées et à leurs familles.

Une relance de l’économie locale. La SOFEHJ préconise également l’octroi d’aides financières directes aux commerçantes et aux mères de famille, considérées comme des actrices essentielles de l’économie locale, afin de leur permettre de reprendre leurs activités et de reconstruire leurs moyens de subsistance.

S’adressant au gouvernement haïtien, aux organisations non gouvernementales ainsi qu’aux agences des Nations unies, notamment le PAM, l’UNICEF et ONU Femmes, la SOFEHJ estime qu’une réponse partielle ne suffira pas à endiguer la crise.

L’organisation annonce par ailleurs qu’elle entend maintenir la pression, tant sur le terrain que dans les médias, jusqu’à l’obtention de mesures concrètes en faveur des femmes affectées par la violence à Kenscoff.

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