Une enquête menée en 2021 dans la Grand’Anse met en lumière de sérieuses lacunes dans la formation de certains enseignants. Sur près de 300 enseignants évalués dans le cadre d’une formation, environ 90 %, soit près de 270, ne maîtrisaient pas les fondamentaux de la lecture et de l’écriture. Le constat, présenté le 24 août dernier par le recteur de l’Université publique de la Grand’Anse (UPGA), Jean Rony Medy, sur Magik 9, soulève des interrogations sur la formation et le recrutement des enseignants en Haïti.
Selon Jean Rony Medy, cette évaluation a été réalisée à l’issue d’une formation destinée à des enseignants des premier et deuxième cycles qui ne disposaient pas de formation initiale dans le domaine de l’éducation.
Sur les quelque 300 participants évalués, près de 90 % auraient éprouvé des difficultés fondamentales en lecture et en écriture, soit environ 270 personnes.
La formation avait été organisée par la Direction de la formation et du perfectionnement et financée par le Fonds national de l’éducation (FNE). Le recteur explique que les contraintes budgétaires ainsi que la capacité d’accueil avaient limité la participation à 300 enseignants.
Jean Rony Medy affirme également avoir mené une enquête plus large auprès de 282 établissements scolaires et de près de 5 000 enseignants. D’après lui, les résultats ont fait ressortir d’importantes insuffisances dans la formation du personnel enseignant.
Une part importante des enseignants concernés ne disposait notamment d’aucune formation initiale dans les métiers de l’éducation. Pour le recteur, cette situation s’explique notamment par la faible priorité accordée à la formation des enseignants et par la politisation du recrutement dans le secteur éducatif.
Face à ce constat, Jean Rony Medy appelle les autorités à renforcer la formation des enseignants et à revoir les critères de sélection pour l’accès à la profession.
Au-delà des chiffres, ces résultats soulèvent une question fondamentale : comment garantir une éducation de qualité lorsque certains enseignants eux-mêmes ne maîtrisent pas les compétences de base nécessaires à la transmission des connaissances ? Le constat rapporté dans la Grand’Anse met ainsi en évidence les défis auxquels le système éducatif haïtien reste confronté en matière de formation, de recrutement et de qualification du personnel enseignant.

