Trafic d’armes et de munitions : le Comité de l’EEH suspend le Père Mardoché Vil

La cour d’appel de Port-au-Prince a mis un terme, ce mercredi 16 juillet, aux auditions dans l’enquête sur l’assassinat de Jovenel Moïse. Malgré les pressions internationales et l’intérêt public, cette étape judiciaire s’est déroulée dans un climat d’obstruction, avec des refus de comparaître, des critiques sur l’instruction initiale, et une vérité toujours en suspens.
Après plusieurs mois d’auditions et de résistances, la cour d’appel de Port-au-Prince a officiellement clôturé la phase d’audition dans le cadre de l’enquête sur l’assassinat du président Jovenel Moïse.
Plus de deux ans après les faits, la justice haïtienne referme une page importante de ce dossier qui a profondément secoué le pays. L’assassinat de Jovenel Moïse, perpétré dans la nuit du 6 au 7 juillet 2021, a plongé Haïti dans une crise institutionnelle et sécuritaire sans précédent. Depuis, l’enquête a été freinée par de multiples résistances. Des responsables politiques, dont l’ex-directeur général de la PNH Léon Charles, ainsi que certains proches de la famille Moïse, ont refusé de comparaître, ralentissant le travail de la justice.
La décision controversée du juge d’instruction Walther Wesser Voltaire qualifiée de « bancale » par certains avocats et observateurs a elle aussi alimenté les tensions. Le ministère public a même sollicité l’annulation de cette ordonnance et la désignation d’un nouveau juge pour reprendre l’instruction.
Face à la complexité du dossier, des demandes d’assistance judiciaire internationale ont été formulées afin d’auditionner des figures majeures à l’étranger, notamment des membres de la CTU (l’entreprise colombienne impliquée), des proches de la famille présidentielle, ainsi que le Premier ministre Ariel Henry.
En Haïti, les 22 personnes incarcérées nient toujours toute implication dans l’assassinat, contrairement à certains suspects arrêtés aux États-Unis qui ont accepté de plaider coupables. Ce contraste alimente une atmosphère d’incertitude et de suspicion autour du dossier.
Le président de la chambre d’instruction, le juge Emmanuel Lacroix, a invité les parties concernées à déposer leurs pièces dans les délais légaux. Si la phase d’audition est close, la justice haïtienne n’a pas encore tranché : le verdict de la cour d’appel est attendu dans un contexte national toujours marqué par l’impunité et la méfiance.