Insécurité

« Il n’y aura pas de militaires ou de policiers français qui viendront faire le travail de la PNH » tranche Fabrice Mauries

L’ambassadeur français accrédité en Haïti, Fabrice Mauries, a exprimé ses vives préoccupations face à la détérioration du climat sécuritaire du pays caractérisée ces derniers jours par la multiplication des cas d’enlèvements et des affrontements entre des gangs armés dans plusieurs quartiers de la capitale.

Cette situation représente une source d’inquiétude pour l’ambassade et la communauté française en Haïti, a déclaré le diplomate en marge d’une cérémonie de remise de la Légion d’Honneur à l’ex Première ministre Michelle Duvivier Pierre-Louis, ce lundi 13 mars à la résidence officielle de l’Ambassadeur de France en Haïti.

L’Ambassadeur de France en Haïti, Fabrice Mauries, prend la parole lors de la cérémonie de remise de la Légion d’Honneur à l’ex Première ministre Michelle Duvivier Pierre-Louis, à Port-au-Prince, Haiti, le 13 mars 2023. TED’ACTU/Ralph Tedy EROL

« L’ambassade de France, de par sa localisation au Champs-de-Mars, est affectée par l’insécurité, car on a dû travailler au son des rafales d’armes automatiques la semaine dernière”, a indiqué l’ambassadeur Fabrice Mauries avant de préciser que tous les services fonctionnent dans cette mission diplomatique mais avec beaucoup de difficultés.

Le diplomate a fait savoir que des réflexions sont en cours avec le gouvernement, la Police Nationale et des acteurs politiques en vue de l’amélioration de la situation.

Dans cette perspective, la France promet de renforcer sa coopération bilatérale avec Haïti en matière de sécurité cette année.

L’Ambassadeur de France en Haïti, Fabrice Mauries, s’adresse aux medias lors de la cérémonie de remise de la Légion d’Honneur à l’ex Première ministre Michelle Duvivier Pierre-Louis, à Port-au-Prince, Haiti, le 13 mars 2023. TED’ACTU/Ralph Tedy EROL

« Nous sommes en train de discuter avec les responsables de la PNH des modalités de ce renforcement. Nous allons contribuer dans l’achat d’équipements et augmenter des formations dispensées par des agents du RAID, une unité anti-terroriste de la Police française, à la Police Nationale d’Haïti », a annoncé le diplomate.

« Nous allons faire beaucoup plus cette année et nous aimerions que cela contribue à des résultats concrets. J’espère aussi que plus de partenaires étrangers mettent la main à patte », a- t- il ajouté.

À la PNH de faire son travail !

Tout en renouvelant le support de son pays à la demande du gouvernement haïtien au déploiement d’une force internationale dans le pays, l’Ambassadeur Mauries a précisé qu’il n’y aura pas de militaires ou de policiers français qui viendront faire le travail de la PNH.

Des policiers patrouillent pendant les funerailles des trois agents tués par des gangs armés lors de la cérémonie funéraire à l’Académie nationale de police, à Port-au-Prince, en Haïti, le 31 janvier 2023. TED’ACTU/Ralph Tedy EROL

Cependant, la France est disposée à voter, aux Nations Unies, toute résolution en lien à la demande du gouvernement haïtien, a- t- il promis.

“Nous soutenons l’aspiration des haïtiens au déploiement d’une force militaire internationale car cela nous permettra de gagner du temps mais nous pensons que les haïtiens peuvent résoudre la crise seuls, il faut se concentrer sur « l’essentiel », a fait savoir le diplomate qui a renchéri : «  nous sommes du côté de ceux qui veulent lutter contre les gangsters qui terrorisent la population. Il est important de les montrer mais aussi à ceux qui les soutiennent, qu’ils n’ont pas le dernier mot”, a fait savoir le représentant de la France en Haïti.

Il dit partager la souffrance du peuple haïtien et comprend sa peur et son désarroi face à cette situation difficile. Toutefois, le diplomate dit croire qu’il ne faut pas désespérer par ce que la force revient au droit et à la loi.

Des personnes transportent leurs affaires en quittant leur maison dans un contexte de violence des gangs à Port-au-Prince, en Haïti, le 3 mars 2023. TED’ACTU/Ralph Tedy Erol

Fabrice Mauries a déploré la faiblesse de l’Etat qui a très peu de moyens et qui n’arrive pas à assumer ses responsabilités, comme protéger son peuple, juger les bandits et assurer la rentrée scolaire.

Interrogé sur la mise à l’écart des Forces Armées d’Haïti dans la résolution de la crise, le diplomate français rappelle l’histoire compliquée des FAD’H durant ces dernières décennies. Il a plaidé en faveur d’une redéfinition du rôle et de la mission de cette force, ce qui selon lui, facilitera beaucoup l’aide que la communauté internationale et particulièrement à la France, souhaiterait apporter dans le pays.

Un homme porte son fils alors qu’ils cherchent un abri après avoir quitté l’école dans un contexte de violence des gangs à Port-au-Prince, en Haïti, le 3 mars 2023. TED’ACTU/Ralph Tedy Erol

Ces déclarations de l’Ambassadeur français accrédité en Haïti interviennent dans un contexte où une rencontre est prévue cette semaine entre le président américain Joe Biden et le premier ministre canadien Justin Trudeau au cours de laquelle la crise haïtienne sera évoquée.

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