Face aux exigences du Conseil électoral provisoire (CEP), des responsables de partis, de groupements et de regroupements politiques tentent d’utiliser de faux numéros d’identification nationale unique (NINU) dans le cadre du processus d’enregistrement de leurs membres ou adhérents. Selon le directeur général de l’Office national d’identification (ONI), Renold Guerrier, pas moins de 15 897 050 tentatives d’importation de fausses données d’identification ont été détectées par le système de l’institution depuis le lancement du processus.
Le système de l’ONI fait ainsi face à un afflux de données d’identification non valides depuis le début de l’opération d’inscription des 30 000 membres ou adhérents exigée des partis politiques. Toutefois, l’institution ne dispose pas, à ce stade, des moyens nécessaires pour déterminer précisément quelles structures politiques sont à l’origine de ces tentatives.
Intervenant ce mercredi 9 septembre sur les ondes d’une radio de la capitale, Renold Guerrier a dénoncé ces pratiques et appelé le CEP ainsi que les autres autorités concernées à prendre des mesures contre les structures qui auraient volontairement tenté d’introduire des numéros non valides dans le système.
Le directeur général de l’ONI a également fait état des données disponibles dans la base de l’institution. Celle-ci compte actuellement 6 614 147 cartes d’identification nationale enregistrées, dont 5 888 967 ont déjà été délivrées à leurs détenteurs.
« Doublons, faux numéros d’identification nationale unique… toutes les tentatives d’utiliser de fausses données seront vouées à l’échec. Ils n’y arriveront pas », a assuré Renold Guerrier, mettant en avant la fiabilité du système de vérification de l’ONI.
Selon lui, les NINU sont générés de manière aléatoire par le système, ce qui rend particulièrement difficile toute tentative de création ou d’introduction de numéros fictifs dans la base de données.
Renold Guerrier exhorte ainsi les autorités compétentes à adopter des mesures urgentes afin de mettre un terme à ces pratiques. Si l’ONI affirme être en mesure de détecter les tentatives frauduleuses, l’institution reconnaît ne pas disposer actuellement des moyens techniques nécessaires pour identifier les partis, groupements ou regroupements politiques à l’origine de ces opérations.
Ces révélations interviennent alors que plusieurs partis politiques agréés par le CEP ont déjà dénoncé l’utilisation, à leur insu, des données personnelles de milliers de personnes dans le cadre du processus d’enregistrement. Les chiffres communiqués par l’ONI soulèvent donc de nouvelles interrogations sur l’ampleur des tentatives de fraude et sur l’utilisation des données d’identification dans le processus électoral.



