Des acteurs signataires du Pacte national pour la stabilité et l’organisation des élections prennent publiquement leurs distances avec le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé. Réunis au sein de l’Assemblée des signataires, ils accusent le chef du gouvernement d’avoir violé les engagements contenus dans l’accord et appellent la classe politique à se mobiliser afin d’obtenir son départ du pouvoir.
Le Pacte national n’aura finalement pas fait long feu. Le document qui liait le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé à plusieurs dizaines de partis politiques et d’organisations sociopolitiques ne fait plus l’unanimité. Quatre mois seulement après sa signature, la coordonnatrice de l’Assemblée des signataires, Marie Denise Claude, a annoncé, ce mardi 23 juin, lors d’une conférence de presse, la rupture de son organisation avec le gouvernement. Elle a vivement critiqué l’attitude du Premier ministre ainsi que celle de son entourage.
« Le Pacte pour la stabilité est mort », a déclaré la coordonnatrice, qui prône désormais une résistance politique ouverte. « Nous constatons avec gravité que le Premier ministre a choisi de rompre les engagements qui avaient permis la signature de ce document, en s’entourant de personnes qui manifestent clairement leur volonté de se maintenir au pouvoir », a-t-elle ajouté.
Un cri d’alarme contre un « hold-up électoral »
Dénonçant ce qu’elle qualifie de tentative de « hold-up électoral » au profit d’intérêts particuliers, Marie Denise Claude a lancé un appel à la mobilisation. Elle exhorte les partis signataires du Pacte, la communauté internationale ainsi que l’ensemble des forces vives de la nation à agir afin d’empêcher le Premier ministre de mettre en œuvre son projet politique.
« Nous ne serons ni les complices ni les spectateurs d’une telle dérive », a-t-elle insisté. Au cours de son intervention, elle a également soutenu que le Premier ministre était désormais « démissionnaire ». Selon elle, les 120 jours prévus par l’article 149 de la Constitution sont écoulés et, par conséquent, le chef du gouvernement ne devrait plus assurer que la gestion des affaires courantes de l’État.
Cet appel à la rupture est loin d’être isolé. D’autres structures politiques ayant paraphé le Pacte ont également exprimé leur profond désaccord avec la conduite du gouvernement. Pour symboliser cette rupture, certains contestataires ont publiquement déchiré le texte de l’accord au cours de leurs interventions.
Il convient de rappeler que le Pacte pour la stabilité et l’organisation des élections, signé les 21, 22, 23 et 24 février derniers par plusieurs dizaines de partis politiques et d’organisations sociopolitiques, visait à favoriser un consensus autour de la gouvernance de transition et de l’organisation des prochaines élections. Bien que largement contesté au moment de sa signature, cet accord avait contribué à renforcer la légitimité politique du gouvernement dirigé par Alix Didier Fils-Aimé. Quelques mois plus tard, le Premier ministre semble toutefois confronté à un isolement politique grandissant.




