La publication du calendrier des activités électorales continue de susciter des réactions en Haïti ainsi qu’au sein de la communauté internationale. Le secrétaire général de l’Organisation des États américains (OEA), Albert Ramdin, a salué, ce mardi 28 juillet, la publication de ce document, qu’il qualifie de « pas important vers la tenue du prochain scrutin ». À l’inverse, des membres de l’opposition plurielle dénoncent une ingérence politique de l’OEA et de la Communauté des Caraïbes (CARICOM).
Dans un message publié sur son compte X, le diplomate a réaffirmé l’engagement de l’OEA à accompagner Haïti dans la mise en place d’un processus électoral inclusif, libre, honnête, démocratique et crédible. Selon lui, la tenue d’élections constitue le seul moyen de trouver une issue durable à la crise multiforme que traverse actuellement le pays.
De son côté, le Groupe des personnalités éminentes (GPE) de la CARICOM, qui joue un rôle de médiation dans la crise haïtienne depuis plusieurs années, a également salué cette avancée. Le GPE appelle l’ensemble des parties prenantes à s’engager pleinement dans le processus électoral et exhorte les autorités haïtiennes à respecter le calendrier établi.
Parallèlement, des citoyens se réclamant de l’opposition plurielle ont manifesté, ce mardi, devant les locaux de l’OEA à Pétion-Ville. Les protestataires dénoncent ce qu’ils considèrent comme une ingérence de l’OEA et de la CARICOM dans les affaires politiques d’Haïti. Ils estiment, en outre, que l’organisation d’élections demeure impossible dans le contexte sécuritaire actuel et réclament le rétablissement de la sécurité sur l’ensemble du territoire national.
Pour sa part, le gouvernement affirme maintenir son engagement en faveur de la feuille de route électorale. Des réunions de haut niveau ont déjà été organisées et d’autres sont en préparation afin de mobiliser les différents ministères autour de la mise en œuvre du processus. Toutefois, le défi sécuritaire demeure le principal obstacle. Selon des données concordantes, près de 25 communes du pays échappent toujours au contrôle de l’État, compliquant considérablement les opérations du Conseil électoral provisoire (CEP) sur le terrain.
Si le CEP a fixé le premier tour des élections au mois de décembre prochain et le second au mois de février 2027, plusieurs acteurs politiques nationaux restent très sceptiques quant au respect de ces échéances et à la faisabilité du processus. Ils appellent néanmoins le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé et son gouvernement à faire preuve de volonté politique afin de rétablir la paix publique, condition jugée indispensable à l’organisation d’élections libres, honnêtes, transparentes, démocratiques et inclusives en Haïti.



