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À Washington, une loi peut encore sauver des milliers d’emplois en Haïti
L’avenir économique de milliers de familles haïtiennes pourrait se jouer loin de Port-au-Prince, dans les couloirs du Congrès américain. Une nouvelle proposition de loi, le HELP Extension Act, déposée le 9 décembre 2025 par le représentant républicain Greg Murphy avec un soutien bipartisan, vise à atténuer l’impact des récents tarifs douaniers imposés sur les exportations textiles haïtiennes vers les États-Unis.
Le texte entend prolonger pour dix ans les avantages commerciaux accordés à Haïti dans le secteur de l’habillement, un pilier fragile mais vital de l’économie nationale. Pour ses promoteurs, il s’agit d’une mesure pragmatique, à la fois économique et stratégique, qui profiterait autant aux entreprises américaines qu’à un pays caribéen plongé dans une crise multidimensionnelle.
Au Congrès, les défenseurs du projet soulignent que le maintien d’un accès préférentiel au marché américain permettrait de sécuriser les chaînes d’approvisionnement régionales et de réduire la dépendance des États-Unis à la production asiatique, notamment chinoise. Un argument qui dépasse le seul cas haïtien et s’inscrit dans un débat plus large sur la relocalisation industrielle et la sécurité économique.
Pour Haïti, les enjeux sont autrement plus urgents. L’industrie textile demeure l’un des rares secteurs encore fonctionnels, offrant des dizaines de milliers d’emplois directs et indirects. Toute fragilisation supplémentaire de ce secteur risque d’aggraver la pauvreté, d’accélérer les pertes d’emplois et de priver l’État de recettes indispensables, dans un contexte déjà marqué par l’insécurité, la violence des gangs et l’effondrement des services publics.
La portée du HELP Extension Act est donc éminemment politique. Son adoption enverrait un signal clair : celui d’une volonté américaine de ne pas accentuer, par des décisions commerciales, la vulnérabilité d’un pays incapable, pour l’instant, d’absorber de nouveaux chocs économiques. À l’inverse, un enlisement du texte au Congrès renforcerait le sentiment d’abandon ressenti par une population déjà éprouvée.
Au-delà des chiffres et des débats techniques, la question posée est simple : les États-Unis sont-ils prêts à faire preuve de flexibilité envers un partenaire fragile, ou laisseront-ils les logiques tarifaires primer sur les réalités humaines et régionales ? La réponse pourrait déterminer, pour les années à venir, le sort de l’un des derniers moteurs économiques d’Haïti.