
Le collectif Défenseurs Plus a lancé un cri de détresse face à la recrudescence des cas de violences sexuelles faites aux femmes et filles en Haïti, dans un communiqué publié ce vendredi 21 juillet. Le collectif rapporte que des femmes ont contracté des maladies sexuellement transmissibles après avoir subi des viols collectifs.
Le collectif « Défenseurs Plus » tire la sonnette d’alarme face aux violences sexuelles dont sont victimes les femmes et les filles dans le pays. Dans un communiqué paru ce vendredi, la structure de défense de droits humains dénonce les cas de violences sexuelles notamment des viols collectifs orchestrés par des gangs armés. Défenseurs Plus critique avec véhémence la montée vertigineuse des violences sexuelles contre les femmes et les filles notamment au cours de ces deux dernières années.
« Aujourd’hui, l’affrontement des groupes armés devient monnaie courante dans notre société. Et de par cette situation, faire subir des violences sexuelles aux femmes et aux filles s’apparente à une arme de guerre dans les affrontements des groupes armés. Ces crimes sexuels sont condamnés par la loi haïtienne et le droit international », a indiqué Défenseurs Plus dans ledit communiqué.
Les violences sexuelles évoquées et décrites par le collectif Défenseurs plus sont inouïes. La structure met en exergue le cas d’une mineure de 17 ans victime de viol collectif dans le département de l’Artibonite par des membres du gang « Kokorat san ras », le lundi 10 juillet 2023. « Aucune mesure n’a été adoptée face à cet acte barbare », rapporte la structure dans ce communiqué.
Selon un article publié par « The New Humanitarian », le 27 juin 2023 cité par le collectif Défenseurs Plus, entre mai 2022 et mars 2023, Nègès Mawon a enregistré 652 cas de femmes et de filles victimes de violences sexuelles dans seulement quatre quartiers de Port-au-Prince, 90 d’entre elles ont contractées des maladies sexuellement transmissibles (MST) et 9 d’entre elles ont été tuées.
La structure fait remarquer que les hôpitaux publics sont la plupart du temps dysfonctionnels et les institutions publiques pouvant fournir des accompagnements psychologiques sont quasiment inexistantes. En ce sens, le collectif regrette que les femmes et les filles subissant ces violences soient la plupart du temps livrées à elles-mêmes. « Elles sont traumatisées et vivent continuellement avec les séquelles de violence sous le règne de l’impunité favorable aux violations systématiques des droits de la personne humaine », a critiqué l’organisme de droits humains.
Défenseurs Plus appelle à la protection des droits des femmes et des filles et invite les autorités concernées à assumer leur responsabilité pour protéger les femmes et les filles face à ces actes de barbarie.
« Il est de la responsabilité des autorités gouvernementales d’assurer la protection de la population en générale, en particulier les femmes et les filles », a rappelé la structure.
Par ailleurs, Défenseurs Plus dénonce l’insouciance des autorités étatiques qui restent passives face aux violences que subissent les femmes et les filles, alors qu’il existe un cadre juridique international qui régit la protection des femmes et des filles en temps de conflit signé et ratifié par Haïti.