À quelques mois des élections, le remplacement de Jacques Desrosiers à la tête du CEP fait déjà grincer des dents. Peterson Pierre-Louis, dont la proximité avec le pouvoir alimente les interrogations, prend les commandes de l’institution chargée d’organiser les prochains scrutins. De quoi raviver les soupçons sur les intentions de l’Exécutif à l’approche d’une échéance électorale majeure.

Selon des informations rapportées par Le Nouvelliste, cette décision intervient à l’issue de deux rencontres entre les neuf conseillers électoraux et s’accompagne de plusieurs changements au sein du bureau exécutif du CEP.

Les conseillers électoraux se sont accordés, mardi 8 septembre 2026, sur la nouvelle composition du bureau exécutif.

Jusque-là secrétaire général, Peterson Pierre-Louis devient président du CEP. Jaccéus Joseph, représentant du secteur paysan, conserve son poste de vice-président.

De son côté, Nemrod Sanon, représentant des syndicats, quitte la trésorerie pour prendre les fonctions de secrétaire général. Schnaïda Adély, représentante du secteur vaudou, fait son entrée au bureau exécutif en qualité de trésorière.

Ce remaniement intervient alors que le CEP intensifie ses préparatifs en vue des prochaines échéances électorales.

Un troisième président depuis la mise en place du CEP

Avec l’arrivée de Peterson Pierre-Louis à sa tête, le CEP connaîtra son troisième président depuis la mise en place de l’actuel Conseil électoral.

Jacques Desrosiers avait succédé à Patrick Saint-Hilaire, représentant de la Conférence épiscopale d’Haïti (CEH), à la présidence de l’institution.

Son départ intervient ainsi à un moment particulièrement sensible, alors que le pays se rapproche d’une échéance électorale majeure et que le CEP poursuit les préparatifs du processus électoral.

Des interrogations sur l’indépendance du CEP

Ce changement de direction intervient également dans un contexte politique où l’indépendance du CEP demeure au cœur des débats.

La nouvelle configuration du bureau exécutif pourrait susciter des interrogations quant à ses conséquences sur la conduite du processus électoral. Des voix pourraient également y voir l’expression d’éventuelles influences politiques, notamment de la part de l’Exécutif.

À ce stade, de telles perceptions doivent toutefois être distinguées des faits établis et étayées par des éléments vérifiables. Elles n’en risquent pas moins d’alimenter les débats sur l’autonomie du CEP et, plus largement, sur la confiance des acteurs politiques et de la population dans le processus électoral.

La nouvelle équipe dirigeante aura donc un double défi : poursuivre les préparatifs des prochaines élections tout en renforçant la confiance dans l’impartialité, la transparence et l’indépendance de l’institution.

Reste à savoir si ce changement de direction permettra au CEP de gagner en efficacité et en crédibilité à l’approche du scrutin, ou s’il contribuera au contraire à nourrir de nouvelles suspicions autour de son indépendance.

 

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