La Force de répression des gangs (FRG) a déployé, ce jeudi 6 août, un premier contingent dans le département de l’Artibonite. Dotés d’importants moyens logistiques et d’équipements lourds, ces effectifs ont pour mission prioritaire de démanteler les foyers de gangs et de sécuriser durablement les territoires libérés.
Aux Gonaïves, le port de Sedrenn a été le théâtre du débarquement d’un premier détachement de soldats sri-lankais de la FRG. Bien qu’aucun chiffre officiel n’ait été communiqué sur l’effectif exact, l’ancien sénateur Youri Latortue, citant une source officielle, a confirmé l’arrivée de plusieurs dizaines de militaires, accompagnés de véhicules blindés, d’hélicoptères et d’autres équipements. Ces forces seront provisoirement basées au centre-ville des Gonaïves.
Au total, 350 soldats sont attendus dans le département. Selon les responsables du parti AAA, ils seront déployés dans plusieurs communes de l’Artibonite, notamment dans les zones sous emprise criminelle. Leur mission consistera à mener des opérations contre les foyers de gangs et à participer à la consolidation des espaces repris par les unités spécialisées de la Police nationale d’Haïti (PNH).
À l’instar de la Mission multinationale d’appui à la sécurité (MMAS), la FRG suscite de nombreux espoirs parmi les habitants de la région. Quelques heures après l’arrivée des troupes, l’ancien parlementaire Youri Latortue a déclaré que le département allait enfin être libéré de l’emprise des groupes armés. Interrogés sur cette présence militaire, plusieurs riverains espèrent que des opérations d’envergure seront rapidement planifiées et menées notamment à La Croix-Périsse et à Savien, afin de neutraliser ou d’interpeller les membres de ces gangs ainsi que leurs complices.
Néanmoins, l’arrivée de la FRG n’a pas totalement apaisé la colère des habitants de Saint-Marc, de Terre-Noire, de Pont-Sondé et de Villa. La veille, ces derniers avaient bloqué la route nationale n° 1, pour la énième fois, afin de protester contre la recrudescence de l’insécurité et d’exiger des autorités le rétablissement de l’ordre dans le Bas-Artibonite. Jusqu’à ce vendredi, plusieurs axes routiers reliant le Bas et le Haut-Artibonite demeuraient d’ailleurs bloqués.
Il convient de souligner que les gangs « Kokorat San Ras » et « Gran Grif » maintiennent sous leur contrôle une grande partie du Bas-Artibonite. Une question demeure : la FRG parviendra-t-elle à reprendre ces territoires aux mains des groupes armés ?

