La FOLONHA, préoccupée par la situation des haïtiens en Turquie
Port-au-Prince : des frappes de drones accusées d’avoir tué des enfants et des civils
L’organisation Human Rights Watch accuse les forces de sécurité haïtiennes et des prestataires privés d’avoir mené des frappes de drones meurtrières dans plusieurs quartiers de Port-au-Prince. Entre mars 2025 et janvier 2026, au moins 1 243 personnes auraient été tuées et 738 blessées lors de 141 opérations, dont des enfants et des civils ne faisant pas partie de groupes criminels, selon un rapport publié ce mardi 10 mars.
Dans son analyse, Human Rights Watch affirme que ces frappes ont été menées à l’aide de drones quadricoptères équipés d’explosifs, souvent dans des zones urbaines densément peuplées. L’organisation estime que certaines de ces opérations pourraient constituer des exécutions extrajudiciaires, en violation du droit international relatif aux droits humains, qui prévoit que l’usage de la force létale ne doit intervenir qu’en dernier recours pour protéger des vies.
Le rapport mentionne notamment une attaque survenue le 20 septembre 2025 dans le quartier de Simon-Pelé, où un drone aurait explosé près d’un complexe récréatif lors d’un rassemblement d’enfants. Selon l’enquête, neuf enfants âgés de 3 à 12 ans et un adulte, qui n’appartenaient pas à des groupes criminels, auraient été tués.
Human Rights Watch indique également que ces attaques se sont produites dans neuf communes du département de l’Ouest, notamment à Cité Soleil, Delmas, Pétion-Ville et Tabarre.
L’organisation appelle les autorités haïtiennes à encadrer strictement l’utilisation des drones armés, à mener des enquêtes transparentes sur les opérations contestées et à clarifier le rôle des sociétés militaires privées impliquées. Elle exhorte également l’État à garantir le respect du droit à la vie et à mieux protéger les populations civiles dans le cadre des opérations de sécurité.