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Le ministère de la Justice et de la Sécurité publique (MJSP) a annoncé l’ouverture d’un concours national en vue de recruter une nouvelle promotion d’élèves magistrats dans les cinq juridictions d’appel du pays. Une initiative qui intervient alors qu’une cinquantaine de magistrats formés à l’École de la magistrature (EMA) en décembre 2024 attendent toujours leur intégration au sein du système judiciaire.
Dans une note publiée ce 24 juillet 2025, le MJSP a précisé que le concours est ouvert à tous les citoyens haïtiens titulaires d’une licence en droit. La formation, d’une durée de seize mois, vise à doter le pays de magistrats compétents, rigoureux et capables d’exercer dans toutes les juridictions.
Les épreuves se tiendront dans les cours d’appel de Port-au-Prince, Cap-Haïtien, Hinche, Gonaïves et Cayes. Le calendrier est le suivant :
- 11 au 22 août : dépôt des candidatures
- 29 août : publication de la liste des candidats habilités
- 11 et 12 septembre : épreuves écrites
- 9 et 10 octobre : épreuves orales
- 24 octobre : publication de la liste des admis
- 27 au 31 novembre : examen psychologique
Parmi les conditions d’éligibilité : être de nationalité haïtienne, avoir entre 23 et 50 ans, détenir un diplôme en droit reconnu par le rectorat de l’Université d’État d’Haïti, jouir de ses droits civils et politiques, n’avoir jamais été condamné pour une infraction infamante, et être en bonne santé physique et mentale.
Mais cette annonce ravive une polémique. En effet, près d’une cinquantaine de jeunes magistrats issus de la dernière promotion de l’EMA, diplômés depuis plus de six mois, restent sans affectation. Beaucoup d’entre eux ont quitté la profession d’avocat pour s’engager pleinement dans la magistrature. Aujourd’hui, ils dénoncent un abandon de la part de l’État.
Le paradoxe est frappant : alors que les tribunaux manquent cruellement de personnel, le ministère lance de nouveaux recrutements sans avoir intégré ceux déjà formés. Une situation qui interroge sur la planification, la gestion des ressources humaines dans le secteur judiciaire et le respect des engagements institutionnels.
Le MJSP devra donc non seulement garantir la transparence et le bon déroulement du concours, mais aussi apporter une réponse claire à la situation des magistrats en attente, afin d’éviter que la formation ne devienne un cul-de-sac professionnel.