La commune de Gressier est de nouveau sous haute tension. Des affrontements entre des agents des unités spécialisées de la Police nationale d’Haïti (PNH) et des individus armés ont éclaté depuis environ vingt-quatre heures dans plusieurs quartiers de la commune. Un membre présumé d’un gang a été tué, tandis que plusieurs civils ont été blessés.

Les membres du gang 103 Zombi, qui opère dans la commune, et les agents des unités spécialisées de la PNH s’affrontent depuis mercredi matin à Gressier, en marge d’une opération de déblayage initiée par la municipalité afin de faciliter l’intervention des forces de l’ordre et permettre à la PNH de reprendre le contrôle de certaines zones.

Selon un bilan provisoire, une personne présentée comme un membre actif de ce groupe armé a été tuée, tandis que plusieurs civils ont été blessés.

En réaction à cette perte, les membres du gang ont incendié le bâtiment du sous-commissariat de Gressier. Une vingtaine d’individus armés de masses ont ensuite procédé à sa démolition. Le bâtiment se trouvait pourtant à proximité d’une unité policière de la SWAT Team.

Cette nouvelle destruction porte à plus d’une dizaine le nombre d’infrastructures policières détruites par les gangs de la coalition criminelle « Viv Ansanm » dans le département de l’Ouest.

La situation demeure précaire dans l’après-midi de ce jeudi 13 août. Des tirs nourris, notamment à l’arme lourde, ont été signalés dans les zones de Collines, Bois-La-Salle et Bellevue. Les habitants ont déjà fui massivement ces quartiers pour se réfugier dans des zones avoisinantes, a indiqué Claude Alexis, directeur général de la mairie de Gressier.

Il a souligné que la situation demeure particulièrement tendue dans le quartier de Collines, précisant par ailleurs que plusieurs hommes lourdement armés auraient été neutralisés par les forces de l’ordre.

Jean Somozard Célestin, porte-parole d’une organisation de la société civile, a interpellé les autorités de l’État central. Estimant que les forces déployées sur le terrain sont dépassées par la situation, il appelle le Conseil supérieur de la Police nationale (CSPN) ainsi que le haut commandement de la PNH à dépêcher des renforts dans la commune.

« Faute de renforts, la situation pourrait devenir gravissime pour la commune et les gangs pourraient reprendre le contrôle des zones récupérées par les forces de l’ordre », prévient M. Célestin.

La PNH n’a pas encore communiqué officiellement sur ce dossier. Cependant, des sources communales font état de plusieurs membres de gangs tués, de véhicules incendiés et de centaines de personnes ayant fui leurs quartiers dans la zone de Collines.

Ces violents affrontements, qui se poursuivent depuis plusieurs heures, interviennent alors que le gouvernement et le Conseil électoral provisoire (CEP) s’emploient à installer des centres d’inscription et de vote dans plusieurs communes en vue des prochaines élections générales.

 

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