Une nouvelle vague de violences armées frappe plusieurs localités de la zone nord de Port-au-Prince. Depuis le dimanche 10 mai 2026, des gangs lourdement armés ont envahi notamment Fourgy, Martial, Vaudreuil, Duvivier, Pièce 6, Terre Noire, Sarthe et Carrefour Vincent, provoquant un déplacement massif de la population. Des centaines de familles, contraintes d’abandonner leurs maisons dans la panique, passent leurs journées et leurs nuits dans les rues de la capitale, sans assistance officielle ni évaluation des dégâts.
Depuis les premières heures du dimanche 10 mai 2026, les habitants de plusieurs quartiers situés à l’entrée nord de Port-au-Prince vivent l’un des épisodes les plus dramatiques de ces derniers mois. Les localités de Fourgy, Martial, Vaudreuil, Duvivier, Pièce 6, Terre Noire, Sarthe et Carrefour Vincent ont été le théâtre d’une nouvelle flambée de violences armées attribuée à des groupes criminels opérant dans la zone de Canaan.
Selon plusieurs témoignages recueillis sur place, des hommes armés auraient lancé une offensive sous prétexte de démanteler des postes de péage installés par des groupes rivaux contrôlant certains axes de ces quartiers. Des échanges de tirs nourris, des maisons incendiées et des scènes de panique ont rapidement plongé les habitants dans le chaos.
Face à cette situation, des centaines de familles ont fui leurs domiciles durant la nuit de dimanche à lundi. Dès ce lundi 11 mai au matin, une foule de déplacés était visible le long de la route de l’aéroport, particulièrement dans les environs de Trois Mains et devant les locaux de la BRANA. Femmes, enfants et personnes âgées marchaient pieds nus, certaines ne transportant que quelques effets personnels, d’autres affirmant avoir quitté leur maison sans même pouvoir emporter leurs pièces d’identité.
Au milieu de cette détresse, plusieurs témoignages bouleversants traduisent l’ampleur du drame humain. Madeleine, une jeune mère de trois enfants, raconte que son mari, chauffeur de taxi-moto, aurait été tué puis brûlé sous les yeux de sa famille lors de l’attaque de leur quartier.
Maxi, élève au lycée de Duvivier, affirme quant à lui ne pas avoir eu le temps de retourner chercher sa mère malade, restée à la maison. Informé plus tard de l’incendie de leur domicile, le jeune homme craint désormais que cette dernière ait péri dans les flammes.
Les scènes observées sur la route de l’aéroport témoignent également d’une profonde détresse psychologique. Un homme d’environ cinquante ans, en état de choc, pleurait sans parvenir à expliquer clairement ce qu’il venait de vivre. Selon des témoins, il aurait déclaré vouloir mettre fin à ses jours en se jetant sous un véhicule.
Malgré l’ampleur de la situation, très peu de présence policière a été constatée dans la zone jusqu’à ce lundi matin. Aucun bilan officiel ni communiqué des autorités n’avait encore été publié au moment de la rédaction de cet article.
Après avoir passé la nuit dans les rues de Port-au-Prince, les déplacés de Sarthe, Fourgy, Duvivier et des zones avoisinantes s’apprêtent désormais à affronter une nouvelle journée d’incertitude, sans abri, sans assistance et sans garantie de pouvoir regagner leurs maisons.





