À peine deux semaines après la rentrée scolaire, l’insécurité gagne une nouvelle fois les trajets scolaires dans la région métropolitaine. Au moins cinq écoliers auraient été enlevés vendredi 18 septembre à Port-au-Prince, selon les informations rapportées. Une série de rapts qui ravive l’inquiétude des familles et provoque la colère de plusieurs riverains.
La rentrée scolaire, qui devait marquer un retour progressif à la normale pour des milliers d’élèves, se déroule dans un climat d’inquiétude. Depuis le 7 septembre, plusieurs cas d’enlèvement impliquant des écoliers ont été signalés dans la région métropolitaine, notamment à Port-au-Prince et à Delmas.
Tôt dans la matinée du vendredi 18 septembre 2026, plusieurs cas ont été rapportés. Cinq élèves d’une école privée située à la rue Cameau auraient notamment été enlevés. D’autres cas ont également été signalés dans différents secteurs de la capitale.
La nouvelle a provoqué une vive réaction dans plusieurs quartiers. Des riverains en colère sont descendus dans les rues et ont érigé des barricades enflammées pour réclamer la libération des écoliers.
Selon les informations rapportées, une quinzaine de personnes auraient été kidnappées depuis le début du mois de septembre. Parmi elles, au moins sept seraient des élèves fréquentant des établissements scolaires privés de la région métropolitaine.
Cette situation survient moins de deux semaines après l’enlèvement de deux autres écoliers à Delmas 75, alors qu’ils se rendaient à leur établissement scolaire.
Pour les parents, la question dépasse désormais la seule sécurité des établissements. Les trajets entre le domicile et l’école deviennent eux aussi une source majeure d’inquiétude.
Les écoliers ne sont pas les seules victimes
Les élèves ne sont toutefois pas les seules personnes prises pour cible. Journalistes, avocats, médecins, fonctionnaires et chauffeurs figurent également parmi les victimes d’enlèvements signalés dans la région métropolitaine.
Dans plusieurs cas rapportés, les ravisseurs auraient exigé le paiement de rançons en échange de la libération des personnes enlevées.
Cette situation intervient dans un contexte marqué par la persistance des violences armées et par les difficultés rencontrées par les autorités pour assurer la sécurité dans plusieurs quartiers de la capitale et de ses environs.
Des mesures sécuritaires qui peinent à rassurer
À l’approche de la rentrée scolaire, la Police nationale d’Haïti (PNH) avait annoncé plusieurs mesures préventives destinées à sécuriser la reprise des activités scolaires. Parmi elles figuraient la mobilisation de plus de 10 000 agents et le renforcement des patrouilles aux abords des établissements scolaires.
Deux semaines après la reprise des classes, les nouveaux cas d’enlèvement rapportés relancent cependant les interrogations sur l’efficacité de ces dispositions et sur la capacité des forces de sécurité à protéger les élèves sur leurs trajets quotidiens.
Pour les familles, l’enjeu est désormais de pouvoir envoyer leurs enfants à l’école sans craindre qu’ils deviennent à leur tour des cibles.
Alors que la rentrée scolaire vient à peine de commencer, la multiplication des enlèvements fait ainsi peser une nouvelle pression sur les autorités, appelées à renforcer la sécurité autour des écoles, mais aussi sur les principaux axes empruntés quotidiennement par les élèves.



