Des milliers de personnes ayant fui la violence des gangs armés dans le Bas-Artibonite ont trouvé refuge dans plusieurs localités de la 5e section communale de Saint-Marc. Privées de leurs maisons et de leurs moyens de subsistance, ces familles vivent dans des conditions extrêmement précaires, sans nourriture suffisante, sans accès adéquat à l’eau potable et, pour certaines, sans assistance de l’État.

Environ 150 familles, soit plus de 200 personnes, originaires notamment des quartiers de Jean Denis, Jako, Poterie, Drouet et Marchand-Dessalines, vivent dans cette précarité depuis plusieurs mois. Elles sont installées dans des abris de fortune, notamment dans une école nationale située aux abords de l’Université publique du Bas-Artibonite (UBAS), ainsi que dans une église située sur la route menant vers Colminy et Bocozelle, dans la 5e section communale de Saint-Marc.

Alors que des personnes déplacées par la violence dans le département de l’Ouest, notamment dans la région métropolitaine de Port-au-Prince, ainsi que dans le Centre, bénéficient de diverses formes d’assistance de l’État — repas, kits d’hygiène et alimentaires et, pour certaines, une aide à la relocalisation de 99 000 gourdes — les PDI de la 5e section de Saint-Marc affirment être laissées à elles-mêmes.

Depuis plusieurs mois, elles passent leurs journées sous des bâches déchirées, exposées au soleil et aux intempéries, avec un accès limité à l’eau potable, à la nourriture et aux services essentiels.

« Nous avons tout perdu, notamment nos maisons, nos biens ainsi que nos récoltes, lors des différentes attaques perpétrées contre la localité de Jean Denis. Aujourd’hui, nos grands-parents et nos enfants vivent dans un désert, où les arbres sont dispersés les uns des autres, sans eau, sans nourriture et sans assistance de l’État », déplore Aminatha, prénom modifié.

Mère de deux fillettes âgées de 5 et 8 ans, Aminatha explique que sa famille — ses enfants, son mari, sa mère et sa sœur — dort dans un camion abandonné, faute de moyens pour se loger.

« Nous sommes exclus du Programme d’urgence multisectoriel (PUM) et de tous les autres programmes mis en œuvre par les ONG. Nous ne recevons de l’aide que grâce au soutien de la société civile de Saint-Marc, qui nous apporte parfois de quoi survivre. Les enfants ne vont pas à l’école. Nos grands-parents, eux, sont très exposés à toutes sortes de maladies », témoigne-t-elle.

Les localités de Colminy, Bocho et Bocozelle se trouvent à environ cinq kilomètres du centre-ville de Saint-Marc. Pourtant, près de 2 000 personnes, toutes catégories confondues, y vivraient dans une situation de grande vulnérabilité.

Face à l’urgence de leurs besoins, les personnes déplacées internes lancent un appel aux autorités, aux organisations humanitaires et aux personnes de bonne volonté afin qu’une assistance leur soit apportée dans les plus brefs délais.

Mots-clés : Bas-Artibonite, déplacés internes, 5e section de Saint-Marc, Bocozelle, Colminy, camps de déplacés, précarité, Programme d’urgence multisectoriel (PUM).

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