Une vive tension a éclaté, le mercredi 8 juillet 2026, au camp de l’Office de la Protection du Citoyen (OPC), situé sur la route de Bourdon. Plusieurs personnes déplacées internes y ont vivement dénoncé les conditions de distribution des chèques de 100 000 gourdes promis par le Ministère de l’Intérieur et des Collectivités Territoriales (MICT).
Ce programme d’assistance financière vise à soutenir 1 600 familles victimes de l’insécurité vivant dans ce périmètre. Toutefois, sur le terrain, le mécontentement ne cesse de grandir et le processus est entaché d’accusations de mauvaise gestion. Les bénéficiaires dénoncent notamment un manque de transparence dans la distribution de cette aide.
Selon plusieurs résidents du camp, l’équité est loin d’être au rendez-vous. Les protestataires accusent directement le comité de gestion du site de favoritisme, tant dans la remise des chèques de 100 000 gourdes que dans la distribution des kits alimentaires.
« Nous n’avons nulle part où aller. Solino n’est toujours pas sécurisé. L’aide doit être distribuée de façon transparente afin d’éviter les frustrations », ont confié plusieurs occupants du camp.
Installés sur ce site depuis le 14 novembre 2024 après avoir fui les violences armées qui ont ravagé Solino, ces déplacés rappellent qu’un retour dans leur quartier demeure impossible en raison de la présence persistante des gangs armés. Ils réclament le versement immédiat des chèques restants et exigent des autorités de tutelle un traitement équitable pour l’ensemble des bénéficiaires recensés.
Malgré la colère qui gronde, ce programme suscite également une lueur d’espoir. Certains bénéficiaires ayant déjà reçu leur chèque ont salué l’initiative du gouvernement. Ils ont exprimé leur gratitude envers le ministre de l’Intérieur pour ce soutien financier, qu’ils qualifient de véritable bouée de sauvetage pour des familles ayant tout perdu.
Au-delà de la gestion de cette aide financière, c’est toute la crise humanitaire que traversent les occupants du camp qui refait surface. Ces derniers interpellent les autorités sur leurs conditions de vie qu’ils jugent particulièrement précaires.
« Nous n’avons rien fait de mal pour mériter de vivre dans de telles conditions », déplorent-ils, qualifiant leur situation d’« inhumaine ».
Face au scepticisme grandissant quant à la poursuite et à la crédibilité de cette initiative, les déplacés internes lancent un appel au MICT. Ils réclament un renforcement immédiat des mécanismes de contrôle et de transparence afin de garantir une distribution équitable de l’aide.
Pour les résidents du camp OPC, seule une gestion rigoureuse, transparente et équitable permettra d’apaiser les tensions actuelles et de restaurer un climat de confiance indispensable au sein de la communauté.

