Le gouvernement de facto dirigé par Alix Didier Fils-Aimé a procédé, lors d’un Conseil des ministres tenu ce jeudi 2 juillet 2026, à une nouvelle vague de nominations et de révocations au sein de l’administration publique. Plusieurs directeurs généraux et hauts responsables ont été remplacés, dont le directeur général de l’Unité de lutte contre la corruption (ULCC), Hans Ludwig Joseph. Ces changements interviennent dans un contexte marqué par des tensions institutionnelles, des revendications internes et des soupçons de règlements de comptes politiques.

À l’Administration générale des douanes (AGD), Gérald Remplais a été révoqué de ses fonctions de directeur général. Contesté depuis plusieurs semaines par les employés de l’institution, qui dénonçaient sa gestion et réclamaient son départ, il est remplacé, selon les informations disponibles, par Walter Gabélus, un douanier de carrière.

Par ailleurs, Hans Ludwig Joseph a été écarté de la direction de l’ULCC après six années à la tête de l’institution. Plusieurs observateurs estiment que cette décision est liée à sa récente intervention devant le Conseil de sécurité des Nations unies, au cours de laquelle il avait exprimé des réserves sur le décret relatif à la Haute Cour de justice. D’autres sources évoquent également son refus de délivrer certains certificats de déclaration de patrimoine à des personnalités influentes du pouvoir, un positionnement qui lui aurait valu de nombreuses inimitiés.

Pour lui succéder, le gouvernement a nommé Goréthie Varnelle Morency à la tête de l’ULCC.

Le Conseil des ministres a également désigné Job Pierre au poste de directeur général adjoint de l’Office national d’assurance-vieillesse (ONA). Membre du parti ASE, il figure parmi les nouvelles personnalités appelées à intégrer l’administration publique. D’autres nominations devraient suivre dans les prochains jours, alors que le gouvernement poursuit le renouvellement de plusieurs postes stratégiques.

Sur le plan politique, cette nouvelle série de changements est interprétée par plusieurs observateurs comme un renforcement de l’influence du Parti haïtien Tèt Kale (PHTK) au sein du pouvoir de facto. Après la nomination de Lucien Jura au poste de secrétaire d’État à la Communication, le parti consoliderait davantage sa présence dans plusieurs institutions stratégiques, notamment au ministère des Sports, au BMPAD et au Secrétariat d’État à la Communication.

Au cours de cette même séance du Conseil des ministres, plusieurs personnalités proches de l’ancien président Michel Martelly ont également été nommées, dont Antonio Rodrigue au poste d’ambassadeur d’Haïti au Canada.

Selon plusieurs sources, ces désignations s’inscriraient dans une stratégie de repositionnement politique au sein de l’appareil d’État, dans un contexte où le gouvernement poursuit une vaste recomposition des postes clés de l’administration publique.

Share.
Exit mobile version