Le Premier ministre, Alix Didier Fils-Aimé, a annoncé, mercredi 22 avril, la mise en place d’un comité de suivi chargé de réviser le budget électoral. Composée de représentants de l’État et des bailleurs de fonds, cette structure aura pour mission de proposer une enveloppe mieux adaptée à la conjoncture économique du pays.
Le Conseil Électoral Provisoire (CEP) a soumis une demande budgétaire de 250 millions de dollars américains pour l’organisation des prochaines élections générales. Jugée excessive, cette proposition suscite de vives réserves au sein de la classe politique, de la société civile et de l’Exécutif. Dans ce contexte, la Primature a décidé de confier à un comité technique le soin d’élaborer une nouvelle estimation des coûts.
Interrogé en exclusivité par le quotidien Le Nouvelliste depuis les États-Unis, le chef du gouvernement n’a pas caché son désaccord avec les chiffres avancés par l’institution électorale. « La somme de 250 millions de dollars exigée par les membres du CEP est très lourde pour un pays comme le nôtre, qui compte 11 millions d’habitants. Il ne s’agit pas des élections américaines », a-t-il déclaré. À titre de comparaison, il a rappelé que les dernières élections, organisées il y a environ dix ans, avaient coûté près de 60 millions de dollars.
Un manque de coordination entre l’Exécutif et le CEP
Selon le calendrier publié par le CEP, les élections devraient se tenir d’ici la fin de l’année afin de renouveler les institutions et rétablir l’ordre démocratique. Toutefois, le gouvernement et l’organe électoral affichent des divergences persistantes. Qu’il s’agisse du décret électoral, du budget ou encore du calendrier, le Conseil, dirigé par Jacques Desrosiers, est régulièrement invité par les autorités à revoir ses orientations.
Dans ce contexte, plusieurs observateurs s’interrogent sur la volonté réelle du gouvernement d’organiser les scrutins dans les délais annoncés, notamment en vue de respecter l’échéance du transfert de pouvoir prévue le 7 février prochain.