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Voie d’Espoir redonne une identité aux adoptés haïtiens grâce aux tests ADN
Grâce à un partenariat stratégique entre l’organisation haïtienne Voie d’Espoir et la fondation néerlandaise Plan Kiskeya, un projet de recherche des origines par tests ADN ouvre une nouvelle étape dans la quête identitaire des adoptés haïtiens et ravive l’espoir des familles biologiques en Haïti. À travers une base de données numérique structurée et des points d’enregistrement déployés dans plusieurs régions du pays, l’initiative entend briser des décennies de silence liées aux effets juridiques de l’adoption plénière et offrir un accès encadré à la vérité biologique à des milliers d’adoptés.
Pendant des décennies, l’adoption internationale en Haïti s’est majoritairement inscrite dans le cadre de l’adoption plénière, un dispositif juridique qui rompt définitivement tout lien avec la famille d’origine.
Intervenant ce jeudi 26 février sur Magik9, le journaliste et fondateur de Voie d’Espoir, Michel Joseph, a rappelé que cette rupture a généré une souffrance silencieuse : celle de familles biologiques privées de nouvelles et d’adoptés « instables » car coupés de leurs racines.
« Rien au monde ne peut empêcher un enfant de chercher ses parents biologiques », martèle le journaliste, soulignant que cette quête n’est pas une preuve d’ingratitude envers les parents adoptifs, mais un besoin vital de complétude humaine.
Une alliance technologique au service de la vérité biologique
Face à l’augmentation des demandes de recherche, le projet a pris une dimension internationale en 2024. Le partenariat avec Plan Kiskeya, fondée par des adoptés haïtiens établis aux Pays-Bas, marque un tournant structurant. La Hollande, premier pays européen à avoir suspendu l’adoption internationale après des révélations sur des irrégularités passées, voit désormais dans ces initiatives une logique de transparence et de réparation.
Le projet RAPWOCHE/KONEKTE repose sur une logistique de terrain rigoureuse en Haïti :
- Points d’enregistrement : ouverture de bureaux dans le Grand Nord, le Sud et à Port-au-Prince pour les adoptés qui en font la demande.
- Collecte d’ADN : plus de 100 prélèvements réalisés dans le Nord et la Grand’Anse, avec déjà trois correspondances identifiées avec des adoptés vivant à l’étranger via FamilyTreeDNA.
- Base de données sécurisée : recensement systématique des familles biologiques et croisement des profils avec ceux d’adoptés enregistrés sur la plateforme plankiskeya.com.
Décentraliser la recherche malgré l’instabilité
Malgré un contexte sécuritaire fragile ayant ralenti les opérations ces dernières années, l’initiative est relancée. Dans la Grand’Anse, plus de 150 familles se sont déjà manifestées, et dans le Sud, près de 300 enregistrements ont été effectués depuis août dernier.
L’objectif est clair : décentraliser la recherche et atteindre les parents biologiques là où ils se trouvent. Des annonces radiophoniques et des messages relayés dans les églises contribuent à mobiliser ces familles, parfois privées d’information sur leurs enfants depuis plusieurs décennies.
Un pont entre deux mondes
Au-delà de la dimension génétique, l’initiative de Michel Joseph se veut sociale et mémorielle. Elle redéfinit l’adoption, longtemps perçue comme une simple transaction de « secours », en une mission où la connaissance des origines peut coexister avec la filiation adoptive.
En structurant l’accès aux données et en encadrant scientifiquement les correspondances ADN, Voie d’Espoir et Plan Kiskeya offrent désormais un outil de recherche autonome aux adoptés du monde entier.
Désormais, la reconnexion biologique n’est plus seulement un miracle : elle devient une probabilité scientifique, encadrée, donnant enfin aux familles biologiques haïtiennes la possibilité de se faire entendre.