
La délégation de la CARICOM est arrivée au pays hier lundi avec l’espoir de réunir les forces vives de la nation en vue de parvenir à un accord politique bien avant la réunion du conseil de Sécurité sur la situation en Haïti le 15 septembre prochain.
En cette occasion, le parti politique EDE et le collectif du 30 janvier réitèrent leur appel à l’établissement d’un exécutif bicéphale.
Il s’agit vraisemblablement d’une dernière tentative des éminentes personnalités de la Caricom pour tenter d’accoucher un accord politique entre les forces vives de la nation pour un dégel de la crise. Cette délégation qui se trouve à Port-au-Prince est à pied d’œuvre selon les contacts établis .
Bien avant sa venue, la délégation a envoyé, par e-mail aux protagonistes, un document contenant un projet d’accord cadre. Les éléments inclus dans ce document après discussions, doivent mettre fin à l’impasse politique de longue durée et mettre en place la structure d’un nouveau gouvernement d’unité nationale de transition, espèrent les émissaires.
Dans cet accord cadre, la recomposition du HCT, la réforme constitutionnelle, la sécurité et la mise en palce d’un gouvernement de salut public sont mentionnés.
En réaction, dans un communiqué de presse, le parti politique EDE, signataire de la déclaration de Kingston, a préconisé la transformation du Haut Conseil de la Transition en un Conseil Présidentiel de la Transition dirigé par un président exerçant les prérogatives présidentielles. Par ailleurs, la jeune structure politique estime que, pour créer une atmosphère propice à un dégel de la crise, Ariel Henry doit démissionner.
« Face à cette insécurité humaine et cette violence quotidienne aveugle, le gouvernement dirigé par Ariel Henry auquel incombe la responsabilité principale de protéger les haïtiens, s’est signalé par son inaction, son indifférence, son incompétence et son cynisme. Il s’est aussi et tristement distingué par son désir de demeurer à tout prix au pouvoir alors que la crise politique, économique, humanitaire et sociale qui prévaut actuellement dans le pays devient plus aiguë et ne fait que s’accentuer. Devant ce constat d’échec, le Parti Politique EDE ne peut que réitérer sa position en appelant et en exigeant la démission de Ariel Henry ainsi que celle de son gouvernement », peut-on lire dans le communiqué de presse.
Le collectif 30 janvier, de son côté, a aussi pris position. Dans une note de conjoncture adressée au « groupe des éminentes personnalités » de la CARICOM (GEP), le Collectif des partis politiques du 30 janvier a dressé un constat d’échec de Ariel Henry. Le collectif en a profité pour faire des recommandations.
Le Collectif a insisté sur l’importance de faire valider le projet de cadre de discussions. Cette étape, selon le collectif, est nécessaire pour établir les bases d’un dialogue constructif entre les parties prenantes.
Le collectif a aussi proposé la mise en place d’un pouvoir de transition avec un exécutif bicéphale.
« Cette mesure vise à assurer une gestion équilibrée du pays pendant la période de transition », estime le Collectif 30 janvier.
« Le Collectif recommande également de mettre en discussions le projet d’accord global actuellement en circulation. Cela permettrait d’aborder les points essentiels pour l’avenir d’Haïti lors des rencontres à venir », poursuit le communiqué.
La délégation de la CARICOM doit quitter le pays le 10 septembre prochain soit 5 jours avant la tenue de la rencontre du conseil de Sécurité qui doit se tenir sur Haïti pour l’adoption ou non d’une résolution sur le déploiement d’une force multinationale dans le pays.