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L’instabilité politique s’impose désormais comme le principal moteur de l’inflation en Haïti, dépassant les facteurs économiques classiques. Une étude de la Banque de la République d’Haïti (BRH), publiée en mars 2026, révèle que les crises à répétition alimentent une hausse des prix devenue structurelle, avec un pic de 49,3 % enregistré en 2024. Sans retour à un minimum de stabilité institutionnelle, les instruments monétaires apparaissent impuissants face à une cherté de la vie qui s’auto-entretient.
L’analyse de la banque centrale est sans équivoque : le désordre politique n’est plus un simple facteur aggravant, il dicte désormais le coût du panier de la ménagère. Ce choc agit comme un véritable multiplicateur de crise à deux niveaux :
- Produits importés : l’incertitude et l’instabilité provoquent une dépréciation de la gourde, entraînant une hausse cumulée de 5,6 % des biens importés.
- Services locaux : les blocages et l’insécurité perturbent l’activité économique nationale, faisant grimper les prix des services d’environ 3 %.
Depuis l’épisode du « Peyi Lock » en 2018, Haïti semble avoir basculé dans un nouveau régime inflationniste. Avant cette période, l’Indice des prix à la consommation (IPC) évoluait à un rythme relativement modéré. Depuis, sa progression s’est accélérée de manière spectaculaire, avec un rythme multiplié par treize. Cette flambée rend les produits de première nécessité de plus en plus inaccessibles pour la majorité des ménages, creusant davantage les inégalités sociales.
L’étude met également en garde contre un risque croissant : celui d’une inflation auto-entretenue. Face à la hausse des prix, les salaires du secteur formel tendent à augmenter, une dynamique qui se répercute rapidement sur les loyers, les soins de santé et l’éducation.
La BRH souligne enfin les limites de son action. Sa politique monétaire, notamment à travers les taux d’intérêt et la gestion des réserves, ne peut corriger un déséquilibre dont l’origine est avant tout politique. En clair, la stabilité des prix demeure indissociable de la stabilité de l’État.