Procès Jovenel Moïse : Martine Moïse accuse Michel Martelly et Ariel Henry dans l’assassinat de l’ancien président
La réouverture du procès lié à l’assassinat de l’ancien président haïtien Jovenel Moïse aux États-Unis a pris un tournant spectaculaire le mardi 10 mars 2026. Martine Moïse, son épouse, a livré un témoignage à charge, accusant directement Michel Martelly et Ariel Henry d’avoir des liens avec le meurtre de l’ex-président, survenu dans la nuit du 6 au 7 juillet 2021.
« Mon mari et moi avons été réveillés par des coups de feu. J’étais terrifiée », a déclaré Martine Moïse, les larmes aux yeux, selon le Miami Herald. « J’ai attendu ce moment avec impatience », a-t-elle ajouté, faisant référence à sa convocation devant la justice américaine.
Quatre complices présumés doivent également répondre de leur implication : Antonio Intriago, propriétaire vénézuélo-américain de CTU Security en Floride ; Arcangel Pretel Ortiz, Colombien résident permanent aux États-Unis et lié à CTU ; Walter Veintemilla, homme d’affaires équatoro-américain accusé d’avoir financé l’opération via sa société Worldwide Capital Lending Group ; et James Solages, haïtiano-américain chargé de la logistique. S’ils sont reconnus coupables, ils risquent la prison à vie.
Le fils de Jovenel Moïse, partie civile dans ce procès, espère que toute la lumière sera faite sur l’affaire, cinq ans après le drame. Il n’a toutefois pas commenté publiquement le dossier, et son avocat est également tenu au silence.
Pendant les 60 jours d’audiences prévus, plus de 1 500 pièces seront examinées, et plusieurs accusés ayant déjà plaidé coupable seront entendus. Ces révélations pourraient enfin permettre de clarifier certains aspects de ce meurtre qui continue de marquer la scène politique haïtienne.
Aux États-Unis, Martine Moïse a témoigné devant un jury de 12 membres, dont 8 femmes et 4 hommes. En Haïti, malgré la désignation de cinq juges pour instruire l’affaire, le dossier piétine toujours. Martine Moïse avait jusqu’à présent refusé de répondre aux convocations locales, invoquant des raisons de sécurité.