Les Haïtiens constituent 80 % des détenus étrangers en République dominicaine
À l’approche du 7 février, Voltaire, Leblanc et Gilles jouent leur dernière carte
Le Conseil présidentiel de transition (CPT), déjà miné par de profondes divisions internes, a lancé, ce dimanche 1er février, un dialogue politique qui suscite de vives controverses. À l’initiative de trois conseillers sanctionnés par les États-Unis, Lesly Voltaire, Edgard Leblanc et Gérald Gilles, cette démarche vise à dégager une solution politique avant la fin de la semaine. Plusieurs acteurs politiques, issus de divers horizons, ont répondu à l’appel pour cette première journée de discussions.
À l’approche de l’échéance du 7 février, devenue cruciale, les trois conseillers, dont la crédibilité est fragilisée par les sanctions américaines, ont entamé ce dimanche un dialogue qu’ils jugent indispensable. L’objectif affiché est de parvenir à un accord politique avant la fin du mandat du CPT, afin d’éviter une aggravation de la crise institutionnelle et un éventuel vide politique.
L’initiative a réuni des personnalités politiques signataires de l’accord du 3 avril, ainsi que des figures de l’opposition plurielle. Parmi les participants figurent notamment Jean-Charles Moïse, Antoine Rodon Bien-Aimé, Esaïe Beauchard, Reginald Dumé, Dieusel Simon Desras et Jean-Renel Sénatus.
Malgré la présence de plusieurs acteurs de premier plan, cette démarche, portée par seulement trois des sept conseillers disposant du droit de vote, soulève de sérieuses interrogations en matière de légitimité, de crédibilité et d’inclusivité, selon plusieurs observateurs. L’absence remarquée de Me André Michel, figure du Bloc Espace de Réflexion, illustre ces réserves. Le dirigeant du SDP estime qu’un tel dialogue ne peut produire de résultats probants que s’il est initié par l’ensemble des membres du Conseil présidentiel.
Des observateurs et représentants d’organisations sociopolitiques de base interrogés expriment également leurs doutes quant à la réussite de cette initiative, jugée intempestive et intéressée. Ils pointent notamment l’absence du coordonnateur du CPT, Laurent St-Cyr, alors que toute décision majeure du Conseil doit porter sa signature. À cela s’ajoute l’absence d’acteurs de la communauté internationale, qui affichent jusqu’ici un soutien sans équivoque au Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé et à son gouvernement.
Pendant plusieurs heures ce dimanche, des dizaines de représentants de partis politiques, d’organisations et de plateformes ont débattu. Ils ne disposent désormais que de quelques jours pour tenter de dégager un accord politique sur les modalités et mécanismes de remplacement du CPT. Selon Reginald Dumé, une majorité d’acteurs s’orienterait vers la mise en place d’un exécutif bicéphale, avec à sa tête soit un juge de la Cour de cassation, soit une personnalité crédible et compétente issue de la société civile.
Parallèlement, le Groupe des personnalités éminentes de la CARICOM a entamé, dès le début du week-end, des consultations avec plus d’une dizaine de partis politiques autour de la question de la fin du CPT. Les acteurs concernés se sont engagés à œuvrer en faveur d’un large consensus d’ici la fin de la semaine.
Le compte à rebours est désormais enclenché, et les prochains jours s’annoncent décisifs et potentiellement explosifs, sur le plan politique.