
La France a renouvelé son appui à la Politique nationale d’alimentation scolaire (PNAS) en Haïti en signant une convention de financement de 2,5 millions d’euros avec le Programme national de cantines scolaires (PNCS). Cette enveloppe, destinée à l’année académique 2025-2026, permettra de garantir un repas quotidien à des milliers d’élèves, contribuant à la fois à leur nutrition et à leur scolarisation dans un pays où l’insécurité alimentaire reste un défi majeur.
La signature officielle a eu lieu entre le conseiller de coopération et d’action culturelle de l’ambassade de France, Vincent Hommeril, et le coordonnateur général du PNCS, Kevenot Dorvil. Cette aide s’inscrit dans la continuité du partenariat déjà existant : en 2024, la France avait consacré 8,5 millions d’euros à l’aide alimentaire en Haïti via le PNCS, Solidarités International et le Programme alimentaire mondial (PAM). Pour l’année scolaire 2024-2025, près de 82 000 élèves avaient déjà bénéficié d’un repas quotidien, témoignant de l’impact concret de cette coopération sur la vie des familles et le parcours éducatif des enfants.
Pour les autorités françaises et haïtiennes, l’alimentation scolaire ne se limite pas à un simple repas. Elle représente un outil stratégique pour lutter contre la faim, améliorer la fréquentation scolaire et renforcer le système éducatif.
Un paradoxe haïtien : un pays agricole dont les écoliers dépendent de l’aide étrangère
Cette coopération met en lumière un paradoxe criant. Dans les salles de classe, les enfants apprennent qu’Haïti est un pays agricole, héritier d’une riche tradition paysanne et doté d’un sol fertile. Pourtant, beaucoup de familles n’arrivent pas à nourrir leurs enfants, et des milliers d’élèves dépendent d’un soutien international pour accéder à un repas équilibré à l’école.
Cette contradiction souligne l’urgence de réformer la politique agricole nationale afin que la production locale puisse répondre aux besoins alimentaires de la population et réduire la dépendance aux financements extérieurs.