Deux ans de Ariel Henry au pouvoir : la rue exprime sa colère et son indignation

Après la mort violente de plusieurs policiers à Liancourt, le mardi 22 juillet, le Syndicat de la Police nationale d’Haïti (SPNH-17) lance un appel à la révolte. Son coordonnateur, Gary Jean-Baptiste, invite les agents de la PNH à se dresser non seulement contre les gangs armés, mais aussi contre les autorités qu’il accuse de complicité, d’inaction et d’abandon.
« Ce n’est pas seulement une guerre contre les gangs. C’est aussi une lutte contre ceux qui, au sein même de l’État, collaborent avec eux », a déclaré M. Jean-Baptiste sur les ondes de Radio Métropole ce jeudi 24 juillet.
Un seuil de non-retour
Le climat sécuritaire, déjà extrêmement tendu, semble avoir franchi un nouveau point de rupture. L’embuscade meurtrière survenue à Liancourt, au cours de laquelle plusieurs agents de la PNH ont perdu la vie, a ravivé la colère au sein des rangs policiers. Le SPNH-17 estime qu’un soulèvement est désormais inévitable face à l’inaction des autorités.
Une double cible : les gangs et les autorités corrompues
Le syndicat accuse une partie de l’appareil étatique y compris au sein de la hiérarchie policière, de collusion avec les groupes armés.
« Même dans la chaîne de commandement de la PNH, il y a des officiers qui protègent les malfrats. Il faut les identifier, les isoler, les dénoncer », martèle le coordonnateur syndical.
Une PNH abandonnée et mal équipée
Alors que les autorités annoncent régulièrement des budgets pour la sécurité, le SPNH-17 parle d’une réalité bien différente sur le terrain : effectifs insuffisants, équipements défaillants, absence de soutien logistique.
M. Jean-Baptiste déplore également l’exclusion des Forces armées d’Haïti (FAd’H) du combat contre l’insécurité.
« Le gouvernement abandonne la PNH dans cette bataille. Toutes les forces de l’État devraient être mobilisées pour faire face à cette crise », soutient-il.