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Depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche en janvier dernier, la question du TPS (Temporary Protected Status) suscite de vives inquiétudes au sein des communautés migrantes, notamment chez les Haïtiens. Le 27 juin, le Département de la Sécurité intérieure (DHS) a officiellement annoncé la fin de ce programme, ouvrant la voie à l’expulsion de milliers de ressortissants haïtiens jusqu’ici autorisés à vivre et travailler légalement aux États-Unis. Toutefois, cette décision a été suspendue par le juge fédéral Brian G. Cogan, siégeant à Washington.
Qu’est-ce que le TPS ?
Créé en 1990 par le Congrès américain, le Statut de Protection Temporaire (TPS) permet à des ressortissants étrangers déjà présents aux États-Unis de rester temporairement si leur pays d’origine est frappé par une catastrophe naturelle, un conflit armé, ou toute autre situation exceptionnelle qui rend leur retour dangereux.
Le Salvador fut le premier pays à en bénéficier, suivi par la Somalie, le Liberia, la Guinée, le Soudan, la Sierra Leone, entre autres. Aujourd’hui, les États-Unis accordent ce statut à des ressortissants de 17 pays, dont Haïti, qui compte plus de 500 000 bénéficiaires, selon les données disponibles.
Haïti et le TPS
Haïti bénéficie du TPS depuis 2010, à la suite du séisme dévastateur qui a fait plusieurs centaines de milliers de morts. Depuis, d’autres événements tragiques ainsi que l’instabilité persistante ont justifié le renouvellement de ce statut pour les ressortissants haïtiens.
Invité au journal Première Occasion sur Radio Caraïbes, l’économiste Etzer Émile a rappelé qu’Haïti et le Venezuela figurent parmi les pays comptant le plus grand nombre de bénéficiaires du TPS. Ce statut, selon lui, permet à ceux qui en profitent de vivre, de travailler légalement, d’acquérir des biens et de participer pleinement à la vie économique sur le territoire américain.
Un enjeu économique majeur pour Haïti
Comme d’autres dispositifs légaux d’immigration, le TPS permet aux bénéficiaires de contribuer significativement à l’économie haïtienne, notamment par les transferts d’argent envoyés à leurs familles restées au pays. Ces fonds représentent une ressource essentielle pour de nombreuses familles et pour l’économie nationale, largement dépendante de la diaspora.
Cependant, Etzer Émile constate une baisse importante de ces transferts depuis le retour de Donald Trump, en raison des incertitudes juridiques et des pressions migratoires qui affectent les migrants haïtiens.
Les migrants, piliers silencieux de l’économie américaine
Contrairement à certains discours politiques, les migrants ne constituent pas un poids pour l’économie américaine. Bien au contraire, ils injectent chaque année près de 200 milliards de dollars dans l’économie grâce à leurs dépenses, tout en occupant des emplois essentiels dans des secteurs variés : agriculture, construction, services, santé, etc.
Selon Etzer Émile, une politique de déportation massive serait difficile à mettre en œuvre, car de nombreux secteurs économiques dépendent de cette main-d’œuvre migrante. Il avertit qu’une telle décision pourrait avoir de lourdes conséquences sur l’économie américaine elle-même.
L’économiste rappelle par ailleurs que les États-Unis comptent entre 12 et 15 millions d’immigrants, dont une partie bénéficie du TPS. Il souligne également que la moitié des Mexicains travaillant dans le secteur agricole sont en situation irrégulière.
Enfin, Etzer Émile déplore le silence jugé complice du Conseil présidentiel de transition (CPT) et du gouvernement haïtien face à cette décision, laissant les ressortissants haïtiens dans l’incertitude quant à leur avenir sur le sol américain.