À la rencontre de Me. Stéphanie Saint-Surin, prix Mario Stasi 2023
Depuis 8h30, ce lundi 6 avril, un mouvement de protestation spontané paralyse plusieurs axes majeurs de la zone métropolitaine, notamment à Delmas. Entre barricades de pneus enflammés, fermeture forcée de stations-service par des motards et blocages de véhicules, la population exprime sa colère contre l’augmentation des prix des produits pétroliers. Le Premier ministre intérimaire, Alix Didier Fils-Aimé, est directement visé par ces manifestations.
Tout a débuté vers 8h30 à Delmas 33, à proximité de la Télévision nationale d’Haïti (TNH). Ce qui semblait être un mouvement isolé s’est rapidement transformé en une action coordonnée. À la mi-journée, des groupes de motards ont lancé une « opération fermeture » visant plusieurs stations-service le long de la route de Delmas.
La circulation est fortement perturbée. Sur au moins deux axes majeurs, des protestataires, visiblement mécontents, ont confisqué les clés de chauffeurs de transport public afin de forcer l’arrêt du trafic et le débarquement des passagers en provenance de Pétion-Ville. Les zones les plus touchées incluent Delmas (32, 33, 39, 42, 75), la route de Frères (Djoumbala), Nazon et Bourdon.
Pour les acteurs du transport, cette hausse représente un coup dur. « Plus le carburant augmente, moins nous avons de passagers, et nous ne pouvons plus nourrir nos familles », s’est indigné un motard au micro de journalistes.
Les manifestants fustigent l’insensibilité du Premier ministre, martelant que les prix à la pompe n’ont pas fléchi, même lorsque le baril a chuté à l’international
Une importante présence policière est déployée sur le terrain afin de contenir la mobilisation. Les manifestants appellent à la solidarité de toutes les couches de la société pour contraindre les autorités à faire marche arrière.