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Alors que le gouvernement d’Alix Didier Fils-Aimé applique une nouvelle hausse significative des prix du carburant, le salaire minimum reste fixé à 685 gourdes, dans un contexte où le taux de change dépasse 131 gourdes pour un dollar américain. Selon les données disponibles, plus de 50 % de la population haïtienne fait face à une insécurité alimentaire aiguë, tandis que l’économie nationale continue de se contracter.
Cette dégradation accélérée des conditions de vie contraste fortement avec les réactions qu’avaient suscitées des mesures similaires par le passé. En juillet 2018, l’annonce d’une hausse des prix du carburant, sous la présidence de Jovenel Moïse, avait provoqué une mobilisation immédiate à l’échelle nationale.
Le précédent de juillet 2018 : une mobilisation immédiate
En juillet 2018, l’annonce d’une hausse du prix des produits pétroliers, portant notamment la gazoline à 309 gourdes, avait déclenché un mouvement de protestation d’ampleur nationale. Des manifestations avaient paralysé plusieurs villes du pays, entraînant la suspension rapide de la mesure par les autorités.
À cette période, les décisions liées aux prix du carburant faisaient l’objet d’une forte surveillance politique et citoyenne, portée notamment par une opposition active.
Des prix en forte hausse dans un contexte dégradé
En avril 2026, les prix atteignent des niveaux nettement supérieurs : la gazoline avoisine les 725 gourdes, tandis que le diesel se situe autour de 850 gourdes. Parallèlement, la gourde a connu une dépréciation importante, passant d’environ 67 gourdes pour un dollar en 2018 à plus de 131 gourdes aujourd’hui.
Cette évolution s’inscrit dans un contexte marqué par une inflation élevée et une baisse continue du pouvoir d’achat, affectant particulièrement les ménages à revenus modestes.
Pouvoir d’achat : une pression croissante sur les ménages
Le salaire minimum, estimé à 500 gourdes en 2018, a connu une progression limitée pour atteindre 685 gourdes aujourd’hui, soit une hausse d’environ 37 % en huit ans. Dans le même temps, le coût de produits essentiels a fortement augmenté.
À titre d’exemple, le prix d’une marmite de riz peut atteindre 500 gourdes, représentant une part significative du revenu quotidien pour de nombreux travailleurs. Selon certaines estimations, l’inflation a dépassé les 30 % en 2025, accentuant la pression sur les conditions de vie.
Ces indicateurs traduisent un déséquilibre croissant entre revenus et dépenses de base, rendant l’accès à l’alimentation et au transport de plus en plus difficile pour une large partie de la population.
Insécurité et contraintes économiques
La situation sécuritaire continue de peser sur l’activité économique. La présence de groupes armés perturbe les circuits d’approvisionnement et limite les échanges commerciaux dans plusieurs zones du pays.
D’après les analyses de sécurité alimentaire, près de 1,9 million de personnes seraient en phase d’urgence (Phase 4 de l’IPC), un niveau critique qui souligne la gravité de la crise humanitaire en cours.
Une classe politique en retrait ?
L’écart entre la réaction observée en 2018 et la situation actuelle soulève des questions sur le positionnement des acteurs politiques. Certains observateurs évoquent une forme de reconfiguration des priorités, tandis que d’autres pointent un affaiblissement des capacités de mobilisation.
Dans ce contexte, la question du pouvoir d’achat demeure centrale, alors que les mesures économiques continuent d’avoir un impact direct sur les conditions de vie de la population.