Lubin Paul Maxime, seule voix autorisée à prendre la parole au nom de Djakout #1
Petite-Rivière : des brigades d’autodéfense imposent 500 gourdes par élève pour accéder aux écoles
Dans le Bas-Artibonite, des membres d’une brigade d’autodéfense exigent le paiement de 500 gourdes par élève pour autoriser l’accès aux établissements scolaires. Les parents incapables de s’acquitter de cette somme sont contraints de garder leurs enfants à la maison. Face à cette situation préoccupante, des organisations de la société civile appellent les autorités à intervenir d’urgence.
Dans la 4e section communale de Petite-Rivière de l’Artibonite, notamment dans la localité de Delann, les habitants se retrouvent pris en étau entre le gang « Gran Grif », qui exerce un contrôle sur une partie du Bas-Artibonite, et des brigades d’autodéfense censées assurer leur protection.
Selon plusieurs témoignages, ces brigades imposent une contribution de 500 gourdes par élève pour permettre aux enfants d’accéder à leurs écoles. Les parents qui refusent ou ne peuvent payer s’exposeraient à des menaces, des agressions, voire à des accusations de collusion avec les gangs armés.
Bertide Horace, membre du Comité de dialogue et de réconciliation du Bas-Artibonite, dénonce une situation alarmante.
« Les parents vivant dans la zone de Delann sont obligés de céder aux exigences des gangs et des membres de la brigade dite d’autodéfense. Malgré la précarité dans laquelle ils vivent, on leur réclame 500 gourdes par élève pour que leurs enfants puissent se rendre à l’école », affirme-t-elle.
Selon elle, cette somme serait destinée à l’achat d’armes et de munitions pour lutter contre les groupes armés. Les familles incapables de payer seraient accusées de soutenir les gangs.
Mme Horace appelle les autorités locales, départementales et nationales à intervenir immédiatement afin de mettre fin à cette pratique qui compromet gravement le droit fondamental à l’éducation.
Deux groupes armés, un même mode opératoire
Au-delà de cette taxe imposée aux écoliers, les brigades d’autodéfense auraient également instauré des postes de péage dans la zone. Des paysans, déjà coupés de certaines portions de leurs terres en raison de l’insécurité, seraient contraints de payer pour circuler sur des tronçons routiers, accéder à leurs jardins, voire récolter leurs produits agricoles.
Ces pratiques, assimilables à des actes d’extorsion, aggravent la vulnérabilité économique des habitants et renforcent un climat de peur dans la commune de Petite-Rivière de l’Artibonite.
La société civile met en garde contre une normalisation de ces dérives et exhorte l’État à assumer pleinement sa responsabilité en matière de sécurité et de protection des droits fondamentaux.