Chèques zombies et millions envolés : le ministère de la Défense éclaboussé
De graves accusations de corruption secouent le ministère de la Défense. Intervenant à l’émission Panel Magik sur Magik 9, ce mercredi 4 février, le directeur général de l’institution, Jean Ronel Sistanis, a dénoncé l’existence d’« employés fictifs », de décaissements massifs sans résultats et de détournements présumés de fonds publics impliquant de hauts responsables administratifs.
Selon M. Sistanis, certains employés du ministère encaissent des chèques au nom de personnes inexistantes, parfois à leur insu. Il a cité Candide K. Jean, cheffe de cabinet du ministre et coordonnatrice de l’unité juridique, ainsi que Dominique Eugène, directrice des ressources humaines, affirmant qu’elles percevraient chacune entre 30 et 40 « chèques zombies ». Il les a qualifiées de « bras de la corruption ».
Le directeur général a également signalé un écart de 240 contractuels entre les chiffres de la direction des ressources humaines du ministère et ceux du Ministère de l’Économie et des Finances (MEF), révélant l’ampleur des irrégularités.
Facilités bancaires et entreprises fantômes
Toujours selon M. Sistanis, les personnes impliquées bénéficieraient de facilités bancaires pour encaisser ces chèques. Plus d’une centaine d’entreprises fictives percevraient des fonds du ministère pour des services jamais fournis.
350 millions de gourdes pour un renseignement inexistant
Le directeur général a dénoncé le décaissement de plus de 350 millions de gourdes pour des services d’intelligence depuis l’arrivée de Jean-Michel Moïse à la tête du ministère. Or, la direction du renseignement du ministère de la Défense n’est pas opérationnelle.
« Ces plus de 350 millions de gourdes ont été décaissés et ont terminé dans la poche de Jean-Michel Moïse », a-t-il déclaré à l’antenne.
Des projets financés sans résultats visibles
Jean Ronel Sistanis a également pointé des dépenses importantes pour des infrastructures militaires restées sans réalisations concrètes :
- 80 millions de gourdes pour la réparation du Grand Quartier général de l’armée au Champ-de-Mars ;
- 50 millions de gourdes pour la base du Bicentenaire ;
- 160 millions de gourdes pour une ferme militaire à Belladère.
Selon lui, ces fonds ont été décaissés sans résultats effectifs, illustrant une gestion opaque et inefficace des ressources publiques.
Ces déclarations mettent désormais les institutions judiciaires et financières face à leurs responsabilités. À ce stade, aucune réaction officielle n’a été enregistrée de la part des personnes mises en cause.