Affaire Rosemila Petit-Frère : la justice ordonne sa remise en liberté
Poursuivie pour des accusations graves, notamment pour atteinte à la sécurité de l’État et des liens présumés avec des gangs armés, l’ancienne maire de l’Arcahaie, Rosemila Petit-Frère, a bénéficié, le lundi 19 janvier 2026, d’une ordonnance de mainlevée rendue par le magistrat instructeur Mathieu Chanlatte. Cette décision, motivée par des raisons médicales, lui accorde une liberté conditionnelle alors que l’instruction judiciaire se poursuit.
Rosemila Petit-Frère n’est plus en détention. Selon une source proche du parquet de Port-au-Prince, le magistrat instructeur a ordonné sa libération conditionnelle pour des motifs liés à son état de santé. À ce stade, cette ordonnance ne peut faire l’objet d’un appel, l’instruction n’étant pas encore close.
Cette décision ne met toutefois pas fin aux poursuites. Le dossier reste ouvert et l’ancienne maire pourrait être de nouveau convoquée pour répondre aux accusations. Arrêtée en août 2025 par la police dominicaine, elle est poursuivie pour complot contre la sûreté intérieure de l’État, association de malfaiteurs et liens présumés avec des gangs armés. Elle fait également l’objet d’une enquête du cabinet d’instruction, à la suite d’un rapport jugé accablant de l’Unité centrale de renseignements financiers (UCREF).
En novembre 2025, une tentative d’audition au parquet avait dû être interrompue après plusieurs malaises de l’ex-maire. Le commissaire du gouvernement a.i., Me Fritz Patterson Dorval, avait alors indiqué que l’audition ne pouvait se poursuivre en raison des évanouissements répétés de la prévenue.
S’appuyant sur ces éléments médicaux, son avocat, Me Jean Riboul Casimir, avait plaidé pour une libération à caractère humanitaire, estimant que sa cliente ne pouvait être maintenue en détention prolongée sans décision définitive de justice. Il avait également relativisé la portée du rapport de l’UCREF, soulignant l’absence de mandat définitif et la nécessité de poursuivre l’instruction.
La remise en liberté conditionnelle de Rosemila Petit-Frère intervient dans un climat judiciaire sensible, marqué par de fortes attentes sur l’issue de ce dossier à fort impact politique et sécuritaire.