Crise sécuritaire : une cinquantaine de coopératives frappées dans l’Ouest et l’Artibonite
Carrefour–Port-au-Prince : les chauffeurs de transport en commun en arrêt de travail face aux gangs
Les gangs affiliés à la coalition « Viv Ansanm » contrôlent une grande partie du centre-ville de Port-au-Prince. Ce lundi 5 janvier, ils ont installé un nouveau poste de péage illégal, aggravant le calvaire des usagers. En réaction, les chauffeurs de transport en commun desservant ce trajet, déjà confrontés à des conditions de travail précaires, ont décidé d’observer un arrêt de travail pour exprimer leur exaspération.
Alors que la Police Nationale d’Haïti (PNH) affirme mener des opérations dans la zone, les bandits ont une nouvelle fois démontré leur emprise en installant ce poste de péage sur la rue Magasin de l’État. Révoltés, les chauffeurs reliant Carrefour à la capitale ont lancé un mot d’ordre de grève pour exiger des actions concrètes contre les groupes armés qui terrorisent les passagers et les conducteurs.
Durant toute la journée de lundi, les passagers ont été contraints de parcourir plusieurs kilomètres à pied pour atteindre le Champ de Mars. Comme à leur habitude, les autorités sont restées silencieuses. À cet après-midi, aucune date de reprise des activités n’a été communiquée. Ce débrayage complique davantage le quotidien des habitants de Carrefour, qui dépendent de ce tronçon pour leurs déplacements quotidiens.
Avant l’instauration de ce nouveau péage, le prix du trajet s’élevait à 150 gourdes. Ce tarif pourrait toutefois être revu à la hausse, prévient un conducteur sous couvert d’anonymat, dénonçant par ailleurs l’inaction des autorités policières face aux foyers de gangs opérant au centre-ville, poumon économique et politique du pays.
Ce mouvement de protestation n’est pas une première. L’année dernière déjà, pour des motifs similaires, les chauffeurs avaient cessé le travail pour réclamer plus de sécurité, une démarche qui, jusqu’à présent, n’a jamais porté ses fruits.