Haïti : dernier hommage à l’ancien président Boniface Alexandre
Nouvelle attaque meurtrière de « Gran Grif » à Pont-Sondé
Les bandits du gang Savien ont de nouveau ensanglanté la localité de Pont-Sondé dans la nuit du samedi 29 au dimanche 30 novembre. Livrés à eux-mêmes, plusieurs habitants notamment dans la zone de Potrie, à l’est de la localité se sont retrouvés contraints de se cloîtrer chez eux, dans l’attente d’une intervention policière qui ne s’est pas matérialisée.
Bien qu’aucun bilan officiel n’ait encore été communiqué, des organisations locales évoquent déjà plusieurs morts et de nombreux blessés graves. Les victimes, dont certaines grièvement touchées, ont été transportées d’urgence à l’hôpital Saint-Nicolas de Saint-Marc pour y recevoir les soins requis. Jusqu’à ce matin, des individus lourdement armés étaient encore aperçus dans certains secteurs.
« Des centaines de personnes vivant aux quatre coins de la localité ont fui vers Saint-Marc hier soir. D’autres se sont réfugiées dans les mornes avant de gagner la métropole du Bas-Artibonite, devenue leur principal abri », témoigne un journaliste basé dans la région. « Avec cette nouvelle attaque, les chances de voir la paix se rétablir sont désormais très minces », ajoute-t-il.
Cette offensive survient près de quatorze mois après une autre attaque qui avait fait plus d’une centaine de morts. Malgré les changements opérés au sein du haut commandement et des directions départementales, la Police nationale d’Haïti (PNH) n’a jamais lancé d’opération contre le fief du gang Savien.
Pourtant, lors d’une conférence de presse marquant ses cent jours à la tête de l’institution, le directeur général a.i. de la PNH, André Jonas Vladimir Paraison, s’est dit satisfait des progrès accomplis dans les départements de l’Ouest et de l’Artibonite, deux zones pourtant presque entièrement dominées par les groupes armés. Comme en réponse à ces déclarations, les hommes de « Gran Grif » ont relancé leur offensive contre la population de Pont-Sondé, composée en majorité de cultivateurs, planteurs et marchands de l’informel.
Depuis l’assassinat de l’ancien président Jovenel Moïse, les directeurs généraux de la PNH se succèdent, gravissant les marches de l’institution les bras chargés de promesses, pour finir par en repartir bredouilles mais, pour certains, visiblement enrichis. De Léon Charles à Normil Rameau, en passant par Jonas André Vladimir Paraison, l’échec demeure constant.