À l’initiative du pasteur responsable de l’église Tabernacle de Gloire, Bishop Grégory Toussaint, des centaines de milliers d’haïtiens défileront dans plusieurs pays lors d’une grande marche internationale prévue pour le dimanche 9 juillet prochain en vue d’exprimer les préoccupations du peuple de Dieu face à la détérioration de la situation en Haïti.
Cependant, cette marche est interdite en République dominicaine selon le ministre de l’intérieur, Vasquez Martinez arguant que les étrangers n’ont pas le droit d’organiser des manifestations dans le pays, rapporte le journal Listin Diario.
Alors que la communauté haïtienne en République dominicaine s’apprête à participer à cette initiative du Ministère Shekinah ce dimanche, la nouvelle est tombée ce vendredi, moins de 48 heures avant le coup d’envoi de cette marche.
Le ministre de l’Intérieur et de la Police, Vásquez Martínez a affirmé que la loi interdit aux étrangers d’organiser des activités susceptibles d’affecter la paix sociale, la sécurité des citoyens ou l’ordre public en République dominicaine.
L’avertissement a été lancé par le ministre Jesús Vásquez Martínez, par l’intermédiaire de son porte-parole, Ricardo Fortuna, concernant l’appel lancé par diverses organisations pour que les membres de la diaspora haïtienne participent à une marche, convoquée dimanche, dans le but d’exprimer leurs préoccupations face à l’aggravation de la crise haïtienne.
« L’observation est basée sur ce qui est établi à l’article 122, alinéa 1, de la loi générale sur la migration n° 285-04 », a déclaré le ministère de l’Intérieur dans un communiqué transmis au journal Listin Diario.
Il a averti que, sur la base des dispositions légales en vigueur, le ministère de l’Intérieur et de la Police n’accorderait pas d’autorisation pour que ce type de manifestation ait lieu dans le pays.
La marche prévue pour dimanche prochain, à partir de 12 heures, devrait commencer à l’intersection des avenues 27 de Febrero et Manuel de Jesús Troncoso, dans le district national, où se trouve l’église du Tabernacle de Dieu, a écrit le quotidien dominicain.
« Assurer publiquement notre responsabilité envers notre nation en tant que citoyens ordinaires; démontrer à la communauté internationale notamment au groupe central composé des États-Unis, du Canada et de la France que la diaspora et d’Haïti sont profondément préoccupés par la crise de sécurité en Haïti, sont les objectifs poursuivis par les organisateurs de cette marche internationale.
« Elle vise également à plaider en faveur de l’adoption du projet de loi anti-collution au congrès pour lutter contre la collusion des gangs, afficher le soutien de la communauté évangélique à la poursuite du Programme Biden et plaider en faveur de la prolongation de ce programme », toujours selon les organisateurs.
Le Rev. Dr James Paula, pasteur responsable de l’Église Sur Le Rocher de Santo Domingo qui appuie la marche, voit en cette mesure, l’œuvre des ultranationalistes dominicains.
« Je trouve cela absurde car j’ai parlé personnellement aux organisateurs en République dominicaine qui m’ont prouvé tous les documents délivrés par les instances dominicaines autorisant la marche », a réagi l’homme de Dieu.
Plus de 500 organisations de la société civile, 750 pasteurs à travers le monde et des centaines de milliers de personnes doivent prendre part à cette initiative.


