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Des centaines de clients ayant cotisé pendant des années à l’assurance vie BIMA, promue principalement par la compagnie Digicel, se retrouvent aujourd’hui démunis, sans explication claire ni véritable compensation. Fin mai 2025, l’entreprise a cessé toute activité sans préavis public formel, provoquant colère, incompréhension et mobilisation chez les assurés, qui dénoncent ce qu’ils considèrent comme une escroquerie.
Une fin brutale, sans explication
Lancée il y a une dizaine d’années, l’assurance vie BIMA était présentée comme un produit financier simple et accessible via les services de Digicel. Une petite cotisation mensuelle, automatiquement prélevée sur les recharges téléphoniques, devait permettre un soutien financier en cas de maladie ou de décès de l’assuré.
Mais à la fin du mois de mai, les clients reçoivent un simple message texte leur annonçant la fin du service prévue pour la fin juin. Depuis, plus rien : les bureaux ont été vidés, les lignes téléphoniques désactivées. BIMA a disparu sans laisser de traces, au grand désarroi des milliers de cotisants disséminés à travers le pays.
Frustration et sentiment de trahison
Madame Rosemène, la quarantaine, a commencé à cotiser en 2017 via Digicel. En apprenant la fermeture, elle s’est rendue dans une agence à Delmas 32 pour obtenir des réponses. « Aucun employé n’a pu m’expliquer ce qui se passait. C’est comme si BIMA n’avait jamais existé », confie-t-elle avec amertume.
Une autre assurée, fidèle depuis près de dix ans, raconte qu’elle versait initialement 100 gourdes par mois, grimpant par la suite à 150 gourdes. En appelant le service client, elle dit avoir reçu une réponse sèche : « Digicel ne serait pas responsable de la gestion des fonds et qu’un dédommagement équivalant à seulement deux mois de cotisation pourrait être proposé. »
Les assurés s’organisent pour faire entendre leur voix
Indignés, plusieurs assurés ont décidé de se regrouper pour réclamer justice. Le mercredi 9 juillet 2025, un groupe s’est exprimé sur les ondes de Radio Caraïbe pour dénoncer la fermeture jugée abusive de BIMA. Ils ont annoncé la création d’une association d’assurés lésés afin de défendre leurs droits et porter collectivement l’affaire devant les autorités, voire la justice.
Pour eux, il est inconcevable que des années de cotisations disparaissent sans qu’aucune procédure de remboursement n’ait été clairement définie. Certains assurés évoquent déjà des poursuites contre la compagnie d’assurance et ses partenaires, dont Digicel, qu’ils tiennent pour co-responsable.
Pas d’indemnisation, mais 60 jours de blabla
Ce vendredi 11 juillet, soit plusieurs jours après l’arrêt brutal de ses services, les clients ont reçu un message de Digicel, l’un des principaux partenaires de BIMA. Ce message, qui semble avoir été conçu comme un geste de compensation, informe les assurés qu’ils bénéficieront d’un plan gratuit leur permettant de passer des appels et d’utiliser l’internet de façon illimitée pendant deux mois. (Voir message ci-dessous)
Un vide juridique et moral
Le contrat d’assurance BIMA permettait à chaque cotisant de désigner un bénéficiaire censé toucher une somme forfaitaire en cas de décès. Pour de nombreuses familles, cela représentait une sécurité vitale. La disparition brutale du service soulève ainsi de sérieuses questions éthiques, juridiques et financières, dans un pays déjà marqué par l’instabilité et le manque de régulation.
Ce n’est malheureusement pas la première fois que des citoyens haïtiens perdent leurs économies dans des structures opaques, souvent sans régulation ni véritable encadrement étatique. Les scandales liés aux coopératives de crédit au début des années 2000 ont laissé un souvenir amer à des milliers de familles spoliées. Aujourd’hui encore, l’histoire semble se répéter. Une fois de plus, en Haïti, des gens modestes, convaincus d’assurer leur avenir, se retrouvent trahis par des institutions sans scrupules. Et, une fois de plus, l’État brille par son silence.