
À l’initiative des habitants de Canapé-Vert, bastion de la résistance antigang, des milliers de personnes issues de divers quartiers de la capitale ont manifesté ce mercredi 2 avril dans les rues de Port-au-Prince et des zones avoisinantes. Bravant l’insécurité omniprésente, les protestataires ont exigé des opérations pour neutraliser les gangs ou, à défaut, la démission du Conseil présidentiel de transition (CPT).
Surnommée « Mercredi noir », cette mobilisation a vu défiler une foule majoritairement vêtue de noir, venue de Pétion-Ville, Lalue, Canapé-Vert et d’autres secteurs. Pancartes à la main, certains manifestants ont réclamé le départ du CPT, tandis que d’autres ont insisté sur la nécessité de restaurer la sécurité afin de reprendre leurs activités quotidiennes sans crainte.
Des tensions ont éclaté sur la route de Pétion-Ville, notamment à Bourdon, où la Police nationale d’Haïti (PNH) a une nouvelle fois fait usage de gaz lacrymogène pour disperser la foule. En réaction, des protestataires ont riposté par des jets de pierres et de bouteilles. Des barricades enflammées ont été dressées, paralysant la circulation et perturbant commerces et transports en commun.
« Nous sommes épuisés. Le pays est entre les mains d’incompétents complices. Trop de territoires sont livrés. Nous voulons rentrer chez nous ! » a clamé un manifestant brandissant une machette, exhortant les habitants des quartiers sous l’emprise des gangs à rejoindre la mobilisation pour « renverser le régime ». « Dix mois après sa mise en place, le CPT est incapable d’assurer la sécurité de la population, tout en pesant lourdement sur le trésor public », a-t-il ajouté.
Selon un bilan provisoire, plusieurs manifestants ont été blessés par des tirs à balles réelles attribués aux forces de l’ordre aux abords de la Villa d’Accueil, où résident des hauts cadres de l’État.
Si de nouveaux appels à la mobilisation ont été lancés, aucune date précise n’a encore été annoncée. Jusqu’à présent, ni le CPT ni les membres du gouvernement n’ont réagi à cette nouvelle flambée de contestation.