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Malgré le taux de référence de ce jour, le billet vert s’achète à 140 gourdes aujourd’hui sur le marché informel. Les économistes Thomas Lalime, Etzer Émile et Énomy Germain expliquent cette dégringolade de la gourde et annoncent que cette situation s’aggravera si aucune mesure n’est prise par les autorités du pays.
Intervenant sur les ondes de la Radio Méga, le 19 juillet 2022, Thomas Lalime, docteur en économie, a insisté sur le fait que l’insécurité qui sévit dans le pays est doublement responsable de cette forte pression réalisée sur la demande du dollar américain, surtout en cette période de vacances estivales.

Selon M. Lalime, les gens se procurent de beaucoup plus de dollars américains pour pouvoir payer les cas d’enlèvement. Ce qui, pour l’économiste, contribue à faire une forte pression sur la quantité de dollars en circulation sur le marché haïtien. De plus, Thomas Lalime soutient que l’insécurité empêche l’entrée des devises étrangères dans le pays parce que les touristes ont peur de fréquenter Haïti.
En ce sens, M. Lalime conclut que cette dévaluation de la gourde va se poursuivre si les autorités du pays ne prennent pas les décisions drastiques pour venir à bout de cette insécurité qui handicape le secteur économique.

De son côté, intervenant sur Vision 2000, ce 20 juillet, Etzer Émile pointe du doigt l’importation nationale comme principal facteur pouvant expliquer cette dégringolade de la gourde. Selon lui, la grande dépendance d’Haïti à l’importation est la raison qui explique cette forte pression réalisée sur la demande du dollar américain.
« l’État, les ménages et les grands commerçants du pays rassemblent énormément de gourdes pour se procurer de la somme de dollars nécessaires pour réaliser leurs transactions. Pareille situation ne peut que faire accélérer la dévaluation de la gourde », explique l’économiste Etzer Émile, qui précise que cette situation est favorable à certains grands exportateurs du pays.
Enfin M. Etzer Émile soutient que les injections de dollars faites par la Banque de la République d’Haïti (BRH) ne peuvent rien face à cette dévaluation, et entrevoit des jours sombres pour l’économie haïtienne. Pour illustrer ses propos, il explique qu’en 2021 la BRH avait injecté 900 millions de dollars sur le marché dans des opérations de stabilisation du taux de change et d’achat de pétrole, pourtant la dévaluation persiste.

Pour sa part, l’économiste Énomy Germain a relaté les facteurs national et international à la base de cette dégringolade de la gourde face au billet vert. Il explique que la crise qui résulte de la guerre Ukraine-Russie a provoqué une hausse de la valeur du dollar sur le marché international. En outre, il explique que le dollar s’achète aussi cher dans le secteur informel parce que l’État n’exerce pas de contrôle sur la réalisation des transactions au niveau de ce secteur. Ce qui, pour M. Germain, peut faciliter la spéculation de la part des agents économiques.
En ce sens, il appelle les autorités à prendre des mesures pour structurer l’économie haïtienne de façon à ce que les transactions de dollars se fassent de préférence dans le secteur formel.