Plusieurs dizaines d’individus suspects ont été interpellés ces derniers jours dans différents quartiers du Cap-Haïtien. Ces arrestations interviennent après la circulation, sur les réseaux sociaux, d’alertes faisant état d’un projet présumé d’incursion de groupes armés dans la deuxième ville du pays. Face à cette situation, les autorités policières appellent la population à une franche collaboration.
La Police nationale d’Haïti (PNH) a placé ses unités en état d’alerte dans le département du Nord. Environ une cinquantaine de personnes ont été appréhendées dans le cadre des opérations menées à la suite de ces informations faisant état d’une possible incursion de gangs au Cap-Haïtien.
Les interventions ont notamment ciblé les quartiers de Madeline et de Zo Vincent, considérés comme des secteurs stratégiques de la ville. Selon l’inspecteur divisionnaire Arold Jean, porte-parole de la PNH dans le Nord, la majorité des personnes interpellées ne seraient pas originaires des quartiers où elles ont été arrêtées.
Lors d’un point de presse, le responsable de la police s’est voulu rassurant. Il a assuré que la PNH allait intensifier ses patrouilles ainsi que ses opérations de bouclage dans différents secteurs de la ville. Il a également exhorté les citoyens à collaborer étroitement avec les forces de l’ordre afin de prévenir toute tentative d’action criminelle.
« Tout citoyen disposant d’informations utiles est invité à contacter immédiatement la PNH au 3806-2222 », a indiqué le porte-parole, appelant parallèlement la population au calme, à la sérénité et à une vigilance accrue.
Cette alerte intervient dans un contexte national marqué par l’expansion des groupes armés au-delà de la région métropolitaine de Port-au-Prince. Des communes comme Gressier, Kenscoff et l’Arcahaie ont notamment été confrontées à des violences attribuées à des gangs cherchant à étendre leur influence.
Si, pour l’heure, aucune attaque directe n’a été signalée au Cap-Haïtien, l’inquiétude demeure palpable parmi les habitants. La ville accueille notamment des milliers de personnes déplacées par les violences qui sévissent dans plusieurs régions du pays, renforçant les préoccupations autour de sa sécurité.
Dans l’Ouest, un nouvel assaut a par ailleurs été signalé dans la nuit du 13 au 14 septembre, dans la localité de Viard, à Kenscoff. Selon l’ancien député Alfredo Antoine, cette offensive armée aurait fait plusieurs victimes parmi la population civile. L’ex-parlementaire a dénoncé ce qu’il considère comme une passivité et un manque de volonté politique des autorités, face à l’extension des violences des groupes armés d’une commune à l’autre.

