Au moins 1 305 personnes ont été tuées au cours du premier semestre de l’année, selon un rapport publié cette semaine par l’Ordre des défenseurs des droits humains (ORDEDH). Face à ce bilan alarmant, l’organisation appelle à une véritable synergie entre les forces de l’ordre et plaide pour la création d’une commission chargée de proposer des réponses aux défis sécuritaires.

Entre le 1er janvier et le 30 juin, l’ORDEDH a recensé 1 305 assassinats à travers 408 événements majeurs, soit une moyenne de plus de 217 victimes par mois ou environ sept personnes tuées par jour. Le directeur exécutif de l’ORDEDH, Dabensky Gilbert, s’est dit vivement préoccupé par cette situation, qu’il qualifie de véritable « tragédie nationale ».

L’organisme de défense des droits humains précise que la majorité des cas ont été enregistrés dans le département de l’Ouest, dont plus de 80 % du territoire serait sous l’emprise des gangs, ainsi que dans le département de l’Artibonite. Dans cette région, plusieurs communes, notamment Liancourt, Petite-Rivière-de-l’Artibonite, Marchand-Dessalines et La Chapelle, demeurent sous le contrôle de groupes armés affiliés à la coalition criminelle « Viv Ansanm ».

L’ORDEDH souligne toutefois que ce bilan reste non exhaustif. Selon plusieurs observateurs, le nombre réel de victimes de la violence des gangs serait largement supérieur aux données recensées et nécessiterait des enquêtes de terrain plus approfondies.

Au regard de ces constats, l’organisation exhorte les autorités à renforcer la coordination entre les différentes forces de sécurité déployées dans les zones à haut risque. Elle recommande également la mise en place d’une commission spéciale chargée de recueillir les doléances des agents et de proposer des solutions concrètes aux difficultés structurelles et conjoncturelles auxquelles font face les institutions engagées dans la lutte contre l’insécurité.

Malgré les engagements répétés des autorités en faveur du rétablissement de la sécurité, présenté comme un préalable indispensable à l’organisation des prochaines élections, le climat de violence continue de se détériorer dans plusieurs départements du pays.

Ce rapport, bien que non exhaustif, met une nouvelle fois en lumière la gravité de la crise sécuritaire. Près de vingt mois après l’installation du Premier ministre Didier Alix Fils-Aimé, son gouvernement peine toujours à rétablir l’ordre public et l’autorité de l’État, pourtant érigés en priorités de l’exécutif de transition.

 

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