Le directeur exécutif du Réseau national de défense des droits humains (RNDDH), Pierre Espérance, a affirmé, ce mercredi 5 août, que plusieurs cas de kidnapping enregistrés récemment dans les secteurs de Delmas 31, 33, 75 et 83 auraient été commis par des policiers agissant de connivence avec des groupes armés. Invité sur les ondes de Magic 9, il a dénoncé l’existence de réseaux criminels infiltrés au sein de la Police nationale d’Haïti (PNH), les défaillances du renseignement policier et l’absence de sanctions contre des agents soupçonnés de collusion avec les gangs. Il a toutefois salué les efforts de nombreux policiers qui continuent d’accomplir leur mission dans un contexte particulièrement difficile.

Le directeur exécutif du RNDDH, Pierre Espérance, a dressé un constat préoccupant de la situation sécuritaire en Haïti lors d’une intervention accordée à Magic 9, ce mercredi 5 août. Selon lui, plusieurs enlèvements perpétrés ces derniers mois dans les quartiers de Delmas 31, Delmas 33, Delmas 75 et Delmas 83 seraient l’œuvre de policiers agissant de connivence avec des groupes armés.

« La majorité des kidnappings commis récemment à Delmas 31, 33, 75 et 83 sont réalisés par des policiers qui conduisent ensuite les otages dans différentes bases de gangs de la région métropolitaine », a-t-il déclaré.

Pierre Espérance a rappelé qu’au cours du mois de février 2026, la Police nationale d’Haïti avait démantelé un réseau impliqué dans des enlèvements. Il a toutefois soutenu que ce réseau ne comptait pas cinq policiers, comme l’aurait indiqué un document des Nations unies, mais sept agents, selon les informations recueillies par le RNDDH.

Le responsable de l’organisation de défense des droits humains estime que ce démantèlement avait entraîné une baisse temporaire des cas de kidnapping dans l’aire métropolitaine. Il affirme toutefois qu’un autre réseau composé de policiers et de leurs complices serait demeuré actif, permettant la poursuite des enlèvements.

Pierre Espérance a également dénoncé l’absence de mesures administratives et judiciaires à l’encontre de plusieurs policiers soupçonnés de collaboration avec des groupes criminels. Il a notamment évoqué le cas de sept policiers affectés dans le département de l’Artibonite, signalés dès septembre 2025 pour leurs liens présumés avec des gangs armés. Selon lui, malgré des rapports transmis à l’Inspection générale de la PNH, ces agents seraient toujours en fonction.

Le directeur exécutif du RNDDH a aussi pointé les faiblesses du service de renseignement de la PNH. À son avis, cette structure existe officiellement, mais demeure largement dysfonctionnelle en raison d’un manque de confiance, d’organisation et de leadership.

Il a néanmoins tenu à distinguer les policiers soupçonnés d’activités criminelles de la majorité des agents qui, selon lui, accomplissent leur mission avec professionnalisme. Il a salué les efforts des unités engagées dans la lutte contre les gangs depuis octobre 2025, estimant que plusieurs opérations ont permis de freiner les déplacements des groupes armés et de reprendre certaines zones auparavant sous leur contrôle.

Pierre Espérance a enfin appelé le haut commandement de la PNH à renforcer les mécanismes de contrôle interne, à écarter les agents soupçonnés de collusion avec les gangs et à protéger les policiers intègres afin de restaurer la confiance de la population dans l’institution.

 

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