Plus de deux mois de grève à l’HUEH, aucun consensus en vue entre les grévistes
Alors que le gouvernement d’Alix Didier Fils-Aimé s’apprête à annoncer une nouvelle hausse des prix du carburant, certaines stations-service de la capitale ont déjà fermé leurs portes. Ce samedi 28 mars, entre portes closes et longues files d’attente, il semble que l’essence soit disponible, mais retenue pour maximiser les profits. Pendant ce temps, le Ministère du Commerce et de l’Industrie (MCI) publie une note qui, selon certains observateurs, ne reflète pas la réalité du terrain.
L’ombre de juillet 2018 : le spectre du chaos
Le gouvernement semble avoir oublié l’histoire récente. En juillet 2018, une simple annonce de hausse des prix avait suffi à provoquer des troubles importants à Port-au-Prince. Barricades enflammées, jets de pierres, scène de pillage et panique générale avaient paralysé la capitale. Pour beaucoup, cet épisode rappelle que le carburant n’est pas seulement un produit, mais peut devenir le déclencheur de la colère populaire.
Une note déconnectée de la réalité
Le communiqué du MCI indique qu’« aucune pénurie n’est constatée », alors que des citoyens font état d’attente devant des stations fermées. Selon certains témoignages, les menaces de « mesures coercitives » du ministère ne semblent pas avoir eu d’effet. Pendant ce temps, certains propriétaires de pompes continueraient de calculer leurs marges sur le dos des consommateurs.
La spéculation devient un jeu
Selon plusieurs sources, la hausse des prix serait déjà décidée. En fermant leurs portes avant l’annonce officielle, certains propriétaires de stations pratiqueraient un marché noir à ciel ouvert. Pour de nombreux consommateurs, cela crée une situation injuste, car peu de gens ont la possibilité de stocker de l’essence chez eux.
Le choix du MCI : agir ou disparaître
Face à cette situation, il semble que le MCI doive agir pour éviter que le problème ne s’aggrave :
- Forcer l’ouverture des stations sous surveillance policière.
- Prendre des mesures contre ceux qui retiendraient volontairement le carburant pour spéculer.
Selon plusieurs observateurs, l’essence est disponible, mais si l’État ne peut pas la rendre accessible aux consommateurs, il pourrait être perçu comme ayant déjà perdu face à la mafia du carburant. Ignorer cette réalité, estiment-ils, pourrait laisser la spéculation et le marché noir décider de la vie quotidienne des Haïtiens et transformer un produit vital en outil de profit et de tension sociale.