Des Facteurs structurels et socio politiques aggravent la crise alimentaire en Haïti selon FRAKKA
Le sort des journalistes Junior Célestin, de Radio Télévision Mégastar, et Osnel Espérance, de Uni FM, enlevés le vendredi 13 mars 2026 à proximité du stade Sylvio Cator, demeure incertain. Alors que des rumeurs persistantes et alarmantes circulent sur les réseaux sociaux, le directeur de Radio-Télé Uni, Jocelyn Perez a exprimé son inquiétude et dénoncé l’absence de communication officielle des autorités policières et gouvernementales, ce lundi 16 mars, au micro de Radio Magik9.
Selon les informations disponibles, l’incident s’est produit vendredi dernier, entre 11 heures et midi, alors que les deux professionnels de l’information effectuaient leur travail de terrain à proximité du stade, non loin de la base des pompiers au centre-ville de Port-au-Prince Des témoins rapportent qu’ils auraient été interceptés par des individus armés, présumés membres du gang « 5 Segond », avant d’être conduits vers le quartier de Village-de-Dieu bastion bien connu de groupes armés.
Depuis cet enlèvement, une vive inquiétude traverse le secteur médiatique. Des informations non confirmées évoquent des actes de violence extrême, certains allant jusqu’à redouter une issue fatale pour les deux otages. Tout en refusant de céder aux rumeurs, Jocelyn Perez souligne néanmoins la gravité du climat sécuritaire actuel, dans lequel la frontière entre journalistes et informateurs devient de plus en plus floue aux yeux des groupes armés.
« Jusqu’à cette minute, aucune instance, ni la police ni le gouvernement, ne nous a informés exactement de ce qui s’est passé », a déploré M. Perez, dénonçant le silence des autorités.
La PNH pointée du doigt malgré ses nouveaux équipements
L’intervention du directeur de Radio-Télé Uni soulève également des interrogations sur la capacité de l’État à assurer la sécurité publique. Alors que la Police Nationale d’Haïti (PNH) affirme disposer de nouveaux véhicules blindés et d’un contrôle accru sur certains axes de la capitale, son incapacité à garantir la sécurité des travailleurs de la presse en plein centre-ville est vivement critiquée.
M. Perez a par ailleurs attiré l’attention sur le phénomène des « journalistes en ligne », dont certains pourraient, selon lui, servir d’infiltrés pour des chefs de gangs. Une situation qui compliquerait davantage le travail des journalistes professionnels, désormais pris entre la méfiance des autorités et la brutalité des groupes armés.
Face à l’incertitude qui plane toujours sur le sort de Junior Célestin et d’Osnel Espérance, la corporation journalistique appelle les autorités à fournir rapidement des éclaircissements. Le flou qui entoure cette affaire ne fait qu’accentuer le climat de terreur qui paralyse la capitale, rappelant qu’en Haïti, exercer le métier de journaliste demeure plus que jamais une activité à haut risque.