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Insuffisance rénale : un danger discret qui frappe de plus en plus d’Haïtiens
Souvent silencieuse et détectée tardivement, l’insuffisance rénale constitue une menace croissante pour la santé publique en Haïti. À l’occasion de la Semaine mondiale du rein, le néphrologue et doyen de la Faculté des Sciences de la Santé (FSSA) de l’Université Quisqueya, Dr Audie Métayer, intervenant sur Radio Magik9 le 13 mars, a lancé un appel à la prévention et au dépistage. Il rappelle que plusieurs maladies courantes, notamment l’hypertension et le diabète, peuvent progressivement détruire les reins.
Selon le spécialiste, l’insuffisance rénale ne survient généralement pas de manière brutale. Elle résulte plutôt de l’évolution progressive de maladies qui, au fil du temps, altèrent la fonction rénale.
Parmi les causes les plus fréquentes figurent l’hypertension artérielle, le diabète et l’obésité. D’autres facteurs peuvent également endommager les reins, notamment certaines infections, les calculs rénaux, les kystes ou encore des malformations congénitales.
L’un des principaux dangers des maladies rénales réside dans leur caractère souvent asymptomatique. Pendant plusieurs années, une personne peut vivre avec une atteinte des reins sans ressentir de signes évidents.
Lorsque les symptômes apparaissent, la maladie est généralement déjà à un stade avancé. Les patients peuvent alors présenter des gonflements du corps, des vertiges, des vomissements, une perte d’appétit ou encore une élévation de la tension artérielle.
Lorsque la fonction rénale chute jusqu’à environ 10 %, les reins ne sont plus en mesure d’assurer leur rôle vital. Le patient doit alors recourir à la dialyse pour survivre.
Face à cette menace, le Dr Métayer insiste sur l’importance du dépistage précoce, en particulier chez les personnes souffrant d’hypertension ou de diabète. Il recommande également de contrôler régulièrement la fonction rénale à partir de l’âge de 40 ans.
Certaines habitudes simples peuvent aussi contribuer à protéger les reins : boire suffisamment d’eau, pratiquer une activité physique régulière et limiter la consommation de sel, de sucre et d’alcool.
En Haïti, la prise en charge de l’insuffisance rénale demeure toutefois difficile en raison du nombre limité de centres de dialyse et de spécialistes. Le Dr Métayer plaide ainsi pour un renforcement des infrastructures médicales et pour la formation d’un plus grand nombre de néphrologues.
Il rappelle enfin que la greffe rénale reste le seul traitement définitif, la dialyse ne constituant qu’une solution temporaire permettant de remplacer partiellement la fonction des reins.